A-ha – Crying In The Rain – 1990

Quand A-ha fait pleuvoir des émotions

1990. Dans un studio londonien, le silence s’installe avant d’appuyer sur “rec”

Il pleut sur Londres. Pas une averse de clip, ni une pluie de sons FM. Une vraie pluie. Froide, longue. En cette fin d’année 1990, A-Ha enregistre un titre venu d’ailleurs : Crying In The Rain. Une chanson américaine de 1962, signée Carole King et Howard Greenfield, popularisée par The Everly Brothers. Mais ici, rien n’est repris à l’identique. La guitare sèche remplace les chœurs d’époque. Le tempo ralentit. La voix se tend, mais ne monte plus.

Un an plus tôt, Stay On These Roads posait déjà les jalons d’un changement. Moins d’éclat, plus d’ombre. Le virage s’accentue. A-ha range les machines. Morten Harket baisse les yeux. La production est confiée à Chris Neil. Le label Warner Bros. Records accepte ce changement de ton. En studio, le groupe opte pour la retenue. Pas de démonstration. Pas d’effet. Juste une chanson triste, chantée à hauteur d’homme.

A – Crying In The Rain (LP Version)

Crying In The Rain est publié en 1990. Il s’agit d’une reprise, mais l’approche est radicalement différente de l’originale. La production met en avant la guitare sèche, un rythme ralenti, une atmosphère feutrée. Morten Harket chante sans forcer, avec une distance assumée. La pluie du titre n’est pas une image : c’est l’ambiance entière.

Le morceau, arrangé par Chris Neil, ne cherche pas le tube. Il impose un climat. Celui de la résignation, du souvenir accepté, de l’émotion rentrée. C’est le choix de trois musiciens qui ont vécu l’euphorie des charts et qui, désormais, avancent à découvert.

(Seemingly) Nonstop July dure moins de trois minutes. C’est une carte postale sonore, un souvenir d’été ralenti. Écrite par Pål Waaktaar et produite par Ian Stanley, la chanson adopte une forme libre : pas de structure classique, juste une guitare et une voix en retrait. Le mix est dépouillé, presque brut.

Ce titre, jamais exploité en single, s’écoute comme un épilogue discret. Il ne propose rien d’autre qu’un ressenti. Une chaleur étouffante, une lumière blanche, une immobilité volontaire. Une sensation plutôt qu’un refrain.

Un contrechamp parfait à la face A

Avec cette face B, A-ha complète son virage. Finis les effets de manche. Place à l’essentiel : l’atmosphère, le climat, la retenue. Le groupe livre ici deux morceaux unis par la même météo intérieure. Une pluie persistante, un été qui refuse de finir.

Quand le tube s’efface, il reste la sincérité

Crying In The Rain ne deviendra pas un tube mondial. Mais il marque une étape majeure dans l’histoire d’A-ha. C’est la fin d’un cycle, le début d’un autre. Un retour aux bases, un choix de simplicité. En concert, le titre sera repris pendant des années, souvent dans des versions encore plus dépouillées.

Un disque de transition, sans artifices

(Seemingly) Nonstop July incarne parfaitement cette période. Le morceau ne cherche ni succès, ni reconnaissance. Il s’installe discrètement dans le sillage de la face A. Ensemble, les deux titres composent un 45 tours cohérent, sincère, mélancolique. À écouter quand le soleil s’éloigne.

EN SAVOIR PLUS

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Retour en haut