Londres, 1985. Trois Norvégiens dessinent leur destin en rotoscope
Avant même qu’on entende le moindre son, on voit une main qui trace un visage sur du papier quadrillé. Le clip est lancé. Take On Me débute. A-Ha vient de réécrire les règles du vidéoclip. Nous sommes en 1985. Dans une cafétéria anglaise, Morten Harket attire une jeune femme dans une bande dessinée vivante. Fusées, course-poursuite, amour et crayon noir. Le son, lui, est neuf, aérien, percutant. Synthés claquants, batterie électronique, voix stratosphérique. Un ovni signé Alan Tarney, troisième tentative de faire décoller le titre.
Le single sort en France sur le label Warner Bros. Records, distribué par WEA Filipacchi Music. En face B, Love Is Reason, titre plus discret, déjà sorti en Norvège. Le succès ? Instantané. En quelques semaines, le clip passe en boucle sur Top 50, les radios l’embrasent, les disquaires ne suivent plus. L’Europe entière chante ce refrain incompréhensible, mais irrésistible.
Un tube de laboratoire… mais avec des tripes
Le morceau est la synthèse d’un long travail. Trois versions, plusieurs producteurs, un remix décisif signé Alan Tarney. Tout repose sur la voix de Morten, qui grimpe à des hauteurs rares pour l’époque. Le groupe A-ha, formé à Oslo mais lancé à Londres, devient en quelques semaines une machine à hits. Take On Me est leur carte de visite. Elle s’ouvre comme un conte, et finit comme un hymne générationnel.