ABBA – Gimme! Gimme! Gimme! (A Man After Midnight) – 1979

Un cri solitaire dans la nuit, sous une boule à facettes.

Stockholm, 1979. ABBA se glisse dans la fièvre disco

En 1979, ABBA embrasse pleinement l’ère du disco avec Gimme! Gimme! Gimme! (A Man After Midnight). Le groupe sort ce single en octobre, dans le cadre de la compilation Greatest Hits Vol. 2, lancée à peine deux ans après le premier volume. À ce moment-là, les Suédois sont au sommet : Dancing Queen a conquis la planète, Take A Chance On Me s’impose dans les charts, et les tournées mondiales s’enchaînent.

Le morceau est enregistré aux Polar Studios, leur fief sonore à Stockholm. La voix principale revient à Agnetha Fältskog, seule cette fois, dans un registre fiévreux et nocturne. Tout repose sur un rythme syncopé, un synthétiseur en boucle, une montée dramatique. Le titre évoque l’attente d’une femme seule, après minuit, qui cherche désespérément une compagnie masculine. Une vision urbaine, froide, presque mécanique, de la solitude moderne.

Un virage esthétique assumé

Le clip, comme la chanson, tranche avec les visuels colorés et joyeux de leurs débuts. Lumières tamisées, costumes sobres, décors minimalistes. Le single sort en France sur le label Vogue, avec une pochette noire, ornée d’une photo officielle signée Polar Music International. En face B, une piste issue de l’album Voulez-Vous : The King Has Lost His Crown. Une combinaison disco et mélancolique, typique de cette période charnière dans leur carrière.

A – Gimme! Gimme! Gimme! (A Man After Midnight)

Gimme! Gimme! Gimme! (A Man After Midnight) est publié en octobre 1979. Il ne figure sur aucun album studio classique, mais accompagne la sortie de Greatest Hits Vol. 2. En Suède, il atteint rapidement la première place des ventes. En France, il s’impose comme l’un des singles les plus populaires de l’automne. Le public accroche à son ambiance électrisante, à la mélodie répétitive et aux paroles obsessionnelles.

Le morceau devient un symbole de la transition disco opérée par ABBA. Le travail de Michael B. Tretow à la prise de son accentue les lignes de basse et les nappes de synthé. La structure du morceau, très linéaire, repose sur un gimmick obsédant, pensé pour les clubs. C’est aussi l’un des rares singles à ne pas avoir de version chantée par les deux voix féminines en alternance.

Un impact au-delà de sa sortie

Le titre sera samplé par Madonna en 2005 dans Hung Up, après une autorisation exceptionnelle du duo Andersson/Ulvaeus. C’est aussi l’un des morceaux les plus remixés du répertoire du groupe. Sa version originale reste indissociable des années disco, mais sa portée dépasse largement les pistes de danse. En 1979, le morceau s’inscrit dans une actualité musicale marquée par l’explosion de la musique électronique européenne.

The King Has Lost His Crown est extrait de l’album Voulez-Vous, sorti quelques mois plus tôt en avril 1979. Il est choisi comme face B du single Gimme! Gimme! Gimme!, dans une version identique à celle de l’album. Chanté par Frida, le morceau évoque la chute d’un homme autrefois puissant, désormais seul et déchu. Une parabole personnelle ou politique ? Le texte reste ouvert à interprétation.

Le contraste avec la face A est saisissant. Là où Gimme! Gimme! Gimme! cherche l’amour dans la nuit, The King Has Lost His Crown évoque la perte et la lucidité. La production met l’accent sur les orchestrations, avec un pont dramatique porté par des synthés et des cordes synthétiques. La voix grave de Frida apporte une dimension tragique à cette chanson peu connue mais puissante.

Une face B pas si secondaire

Le titre ne sera jamais publié en single à part entière, mais il gagne en notoriété auprès des fans au fil des années. Lors de la sortie de compilations remasterisées, il est souvent cité parmi les morceaux sous-estimés du groupe. En France, il reste confidentiel mais apprécié des collectionneurs, notamment sur cette édition distribuée par Vogue.

Une femme seule dans la nuit, un roi détrôné au matin.

Avec Gimme! Gimme! Gimme!, ABBA se positionne clairement dans la tendance disco. Le morceau devient numéro un dans plusieurs pays d’Europe et atteint la 3ᵉ place au Royaume-Uni. En France, il s’impose en radio et dans les discothèques. Il est réédité plusieurs fois, notamment dans les compilations ABBA Gold et Number Ones.

Des échos jusqu’au XXIe siècle

Le sample utilisé par Madonna en 2005 relance l’intérêt pour le titre. Il devient un pont entre deux générations de pop. La face B The King Has Lost His Crown, quant à elle, trouve une nouvelle audience grâce aux rééditions CD et vinyles de Voulez-Vous. Elle reste un exemple de la capacité du groupe à glisser des chansons complexes dans des formats standards.

Un 45 tours dense, tendu, nocturne, qui résume à lui seul la fin de décennie pour ABBA. À écouter avec les lumières basses.

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