ABBA – Money, Money, Money – 1976

Des rêves de richesse, un piano noir et la voix d’Agnetha… après « Fernando » et « Mamma Mia ».

Stockholm, 1976. Un cabaret fictif, un éclairage sombre, un piano mélancolique

En 1976, alors que la planète fredonne encore Fernando, ABBA enchaîne avec un nouveau 45 tours. Money, Money, Money, porté par la voix de Agnetha Fältskog, sort d’abord dans le courant de l’automne, accompagné d’un clip aussi théâtral que la chanson elle-même. L’univers visuel est sombre, presque expressionniste, avec un décor évoquant le théâtre de cabaret et les lumières tamisées d’une scène de music-hall. Un contre-pied volontaire, après les couleurs éclatantes du groupe suédois depuis Waterloo.

Money, Money, Money est conçu dans la foulée de l’album Arrival. Sur ce disque, tout est millimétré : les arrangements, les chœurs, la production. À cette époque, le tandem Benny Andersson et Björn Ulvaeus travaille main dans la main avec Michael B. Tretow, leur ingénieur du son, pour peaufiner une identité sonore. Les deux hommes composent, produisent, arrangent. Les deux chanteuses, Agnetha et Anni-Frid, interprètent sans fléchir un répertoire calibré pour les charts internationaux.

Une vision grinçante du rêve d’ascension

Sorti en single quelques mois après Dancing Queen, le titre s’impose dans plusieurs pays. Mais pas partout. En Angleterre, il atteint la 3e place, freiné par Showaddywaddy et Johnny Mathis. En France, il bénéficie d’une distribution via Vogue P.I.P., sous licence Baboo. Le vinyle se retrouve dans les bacs avec la face B Crazy World, enregistrée deux ans plus tôt mais encore inédite à l’époque.

Comme souvent chez ABBA, la chanson repose sur une idée simple : ici, celle d’une femme qui rêve de fortune pour échapper à sa condition. Derrière l’apparente légèreté, un regard désabusé sur le monde, qui contraste avec la gaieté habituelle du groupe

A - Money, Money, Money

Money, Money, Money sort le 1ᵉʳ novembre 1976, extrait du quatrième album studio Arrival. Le morceau met en avant Agnetha Fältskog, dans un rôle presque théâtral. L’histoire évoque une femme épuisée par son quotidien, rêvant de croiser un homme riche. Le refrain entêtant, les cordes, le piano lancinant, tout évoque un monde sombre, ironique.

Le clip réalisé par Lasse Hallström accentue encore cet univers visuel singulier. Il sera d’ailleurs régulièrement diffusé dans les émissions musicales européennes, donnant une image plus nuancée du groupe. En France, le 45 tours se vend bien, soutenu par les passages télévisés et les campagnes menées par Vogue, leur distributeur local.

Un succès international inégal

Au Royaume-Uni, le titre grimpe jusqu’à la 3e place des charts. Il devient numéro 1 en Australie, Belgique, Mexique et aux Pays-Bas. Il entre également dans le Top 10 allemand et scandinave. Mais il ne parvient pas à se hisser à la première place américaine. En Suède, leur propre pays, il obtient un succès plus modéré que leurs précédents hits.

Crazy World a été enregistré en 1974, à la même époque que les titres de l’album ABBA. D’abord mis de côté, le morceau réapparaît en 1976 comme face B de Money, Money, Money. C’est Agnetha Fältskog qui assure une nouvelle fois le chant principal. Le ton est plus doux, plus introspectif que sur la face A.

Cette chanson ne figure sur aucun album officiel à l’époque, mais elle sera incluse dans la compilation Thank You For The Music en 1994. Le texte raconte une relation perdue, un monde chamboulé. La production est plus simple, sans l’ampleur orchestrale habituelle, mais le titre séduit les amateurs du groupe pour sa sobriété mélodique.

Une rareté devenue bonus

En France, peu de médias évoquent Crazy World lors de sa sortie. Pourtant, le titre bénéficie d’une bonne diffusion en face B et intéresse les fans qui cherchent des morceaux hors albums. Sa mise en avant en 1994 dans une compilation officielle renforce son statut de pièce méconnue du répertoire ABBA.

Un piano grinçant, des billets qui tombent, et une voix qui questionne.

Le single Money, Money, Money poursuit la trajectoire entamée avec Dancing Queen. Sur la scène mondiale, ABBA s’impose comme un groupe majeur de la pop des années 1970. Le 45 tours est commercialisé dans de nombreux pays, avec des pochettes adaptées à chaque marché. En France, il sort via Vogue, sur le label Melba.

Rééditions et postérité

Crazy World restera longtemps un morceau confidentiel, réservé aux faces B. Il faudra attendre près de vingt ans pour qu’il soit officiellement intégré dans une compilation. De son côté, Money, Money, Money reste l’un des clips emblématiques du groupe. Il sera remasterisé à plusieurs reprises, et intégré à de nombreuses compilations DVD et albums rétrospectifs.

À chaque écoute, on retrouve ce mélange d’ironie et de mélancolie qui marque cette période du groupe. Un disque à redécouvrir sans attendre.

EN SAVOIR PLUS

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Retour en haut