Stockholm, 1980. La gloire éclaire, mais les ombres persistent
En 1980, ABBA publie Super Trouper, un nouveau single tiré de l’album éponyme. À ce moment-là, le groupe sort d’une décennie triomphale. Après Chiquitita et Gimme! Gimme! Gimme!, les tensions internes s’accumulent, mais la mécanique commerciale fonctionne encore à plein régime. Le titre est lancé en novembre, accompagné d’un clip où l’on voit les quatre membres, souriants mais figés, éclairés par un projecteur surpuissant : le fameux “Super Trouper”.
Le terme désigne un modèle de projecteur de scène très puissant, utilisé lors des concerts. La chanson en détourne l’image pour parler de solitude en pleine tournée. Chantée par Agnetha Fältskog, elle évoque la lassitude d’une artiste face à la foule, et le réconfort qu’apporte la perspective de retrouver un être aimé. En arrière-plan, une allusion évidente à la vie en tournée et à la séparation de Björn et Agnetha.
Une mise en scène pop de la mélancolie
Le morceau est enregistré aux Polar Studios, produit par Benny Andersson et Björn Ulvaeus, et mixé par Michael B. Tretow. Il mêle des synthés brillants, un rythme dansant et un texte empreint de tristesse douce. La pochette du disque français, distribué par Vogue, utilise le visuel officiel : une lumière aveuglante sur fond sombre. En face B, le titre The Piper apporte un contrepoint déroutant, presque médiéval.