En 1966, Salvatore Adamo poursuit sa série de 45 tours chez La Voix De Son Maître avec un EP enregistré en Belgique, simplement intitulé « Elle Était Belle Pourtant ». Quatre titres, une même signature : celle d’un auteur-compositeur en pleine maîtrise de son art. Le disque, pressé à Chatou par Pathé Marconi, bénéficie d’une fabrication soignée, dans le cadre de la série Présence Mondiale.
Sur la pochette, un Adamo souriant, photographié par Benjamin Auger pour Salut les Copains, affiche cette image douce et populaire qui accompagne ses succès depuis le début des années 60. Le vinyle propose une alternance de balades nostalgiques et de refrains légers, portés par l’orchestre de Oscar Saintal. Le format reste classique, mais chaque morceau semble y trouver sa place sans forcer.
Ce disque intervient dans une période dense. L’année précédente, Adamo multipliait les passages à la télévision et les premières places dans les hit-parades. En 1966, il ne relâche pas l’effort : chaque chanson devient un nouveau chapitre, un autre instant figé sur sillon. Ici, les thèmes abordés vont de la beauté évanouie aux retrouvailles, en passant par la mémoire des noms et les petits combats du quotidien. Le même équilibre poétique se retrouvera bientôt dans « Pauvre Verlaine », enregistré en 1968.
Le disque est distribué en France et dans plusieurs pays francophones. Il conserve tous les attributs du super 45 tours microsillon : étiquette crantée, couverture à rabat, impression signée I.D.N., et mentions légales bien en évidence. La production reste sobre, mais jamais minimale. Chaque détail compte.
Au-delà du succès immédiat, ce 45 tours s’installe avec discrétion dans le paysage musical de la décennie. Ni tube écrasant, ni pièce oubliée : simplement une trace, juste, équilibrée. Une carte postale sonore signée Adamo, envoyée à tous ceux qui gardent le goût des mots doux.