Premiers pas d’un romantique breton à Paris
En 1961, Alain Barrière dévoile son tout premier 45 tours, « Cathy », accompagné de Jean Claudric et son orchestre. Sur la pochette, un jeune homme à l’allure sérieuse : Barrière vient d’arriver à Paris, laisse derrière lui sa Bretagne natale, la mer de La Trinité-sur-Mer, ses études d’ingénieur, pour suivre la voie incertaine de la chanson. Il écrit, compose, interprète.
La chanson « Cathy » impose d’emblée son style : voix claire, texte direct, émotion sans apprêt. Le disque compte trois autres titres, « S’il Fallait Que Sur Terre », « On M’a Battu » et « Mon Vieux Joe ». Sur scène, Barrière impose une authenticité qui détonne à l’époque des yéyés et des orchestres festifs. Il attire l’attention du public des cabarets et des professionnels du disque, commence à se faire un prénom dans le quartier de la rive gauche.
Au fil des semaines, le disque gagne les radios et les scènes. Barrière ne cherche pas le tube, il s’accroche à la sincérité du texte, refuse la facilité. « Cathy » devient une carte de visite, le point de départ d’une longue fidélité à la chanson d’auteur, au romantisme à la française, au refus des compromis.
Un parcours forgé par la fidélité à l’écriture
Alain Barrière, né Alain Bellec en 1935, choisit la chanson par passion pour les mots et la musique. Il reste marqué par la mer, la Bretagne, mais s’ancre définitivement à Paris où il forge un répertoire personnel, influencé par la poésie réaliste, la chanson rive gauche, l’exigence d’écriture. Après « Cathy », le succès arrive avec « Elle Était Si Jolie » à l’Eurovision 1963, puis « Ma Vie », « Emporte-moi » ou « Tu T’en Vas » dans les décennies suivantes. Barrière traverse les modes, fidèle à lui-même, sans jamais céder à l’air du temps.