Les années soixante, tournant poétique et populaire
En 1967, Alain Barrière publie le 45 tours « Va », un disque où chaque chanson raconte un pan de vie, un souvenir, une émotion. Après les succès de « Elle Était Si Jolie » ou « Ma Vie », Barrière poursuit sa route à l’écart des modes, fidèle à sa plume de conteur. Le titre phare, « Va », affirme une voix de l’adieu, un style direct, nuancé, qui touche par sa sincérité. Sur la pochette, le visage grave, Alain Barrière regarde l’horizon, silhouette familière pour un public qui l’a adopté.
Le disque s’ouvre avec « Va », déclaration simple, presque parlée, puis se poursuit avec « Ça Fait Aimer La Vie », éclat d’optimisme au cœur du répertoire. « Enfance » livre une confession sur les racines et les souvenirs. « Petite Fée » clôt le disque sur une note plus légère, mélange de nostalgie et d’espérance. À chaque titre, le public retrouve l’écriture fine et pudique de Barrière, servie par les arrangements d’Armand Migiani.
L’EP est relayé par les radios, applaudi lors des galas, repris dans les émissions de variétés. Barrière s’impose comme la voix de ceux qui aiment la vie simple, les confidences en clair-obscur. Il rejoint la grande famille des auteurs compositeurs qui traversent le temps sans bruit, mais sans jamais perdre leur public.
Barrière, la constance d’une plume bretonne
Né en 1935, Alain Barrière s’inscrit dans le paysage musical français par son exigence et sa fidélité à ses thèmes : l’amour, la perte, la mémoire, la Bretagne. Après les premières chansons, il enchaîne les succès sans jamais sacrifier l’authenticité de l’écriture. En 1967, « Va » vient confirmer son statut d’auteur incontournable, proche du public, fidèle à sa vérité d’homme ordinaire. Ses chansons s’installent dans la mémoire collective, jalonnant une époque où la chanson française se fait l’écho des histoires vraies.