Un choc, un tube, une nouvelle ère
En 1980, Alain Bashung enchaîne les succès avec « Vertige de l’amour ». Après l’explosion de « Gaby Oh! Gaby », ce nouveau 45 tours impose le chanteur dans le cercle restreint des figures majeures de la chanson française. La voix de Bashung résonne, traîne, joue du souffle. Le texte, écrit avec Boris Bergman, provoque, séduit, raconte l’obsession amoureuse, le trouble, l’impatience.
Sur toutes les radios, le titre s’impose comme un ouragan. Les paroles circulent, les mélodies s’incrustent. Bashung ne cherche pas l’effet facile. Il cisèle chaque phrase, laisse planer l’ambiguïté, le mystère. Le succès est immédiat, massif, inattendu. La pochette s’affiche chez les disquaires, le disque tourne sans relâche dans les soirées.
Face B, Ça Cache Quekchose, confirme le style Bashung : jeux de mots, atmosphère tendue, narration fragmentée. L’ensemble du 45 tours capture l’air du temps, entre spleen urbain et rock nerveux.
Bashung, magicien de la chanson décalée
Alain Bashung traverse la décennie 80 en électron libre. Avant le raz-de-marée « Gaby Oh! Gaby », il multiplie les essais, sans jamais toucher le grand public. « Vertige de l’amour » change la donne. La chanson devient un classique, reprise dans toutes les compilations, objet de multiples analyses et de reprises scéniques.
Bashung s’impose comme poète du déséquilibre, architecte de la tension amoureuse. Il poursuit une carrière jalonnée d’albums cultes, collectionne les récompenses, mais garde toujours sa distance, son ironie, son mystère. La chanson s’inscrit définitivement dans le patrimoine, référence de la pop rock à la française.