Alphaville – Forever Young – 1985

Un vœu pop pour l’éternité gravé sur deux tempos

Une ballade synthétique qui traverse les générations

En 1985, après Big In Japan et Sounds Like A Melody, le groupe allemand Alphaville publie en France un 45 tours un peu particulier. Deux versions du même titre : Forever Young. Une face lente. Une face rapide. Deux lectures d’un même texte, devenu depuis l’un des hymnes les plus emblématiques des années 80. Le disque est édité par WEA et distribué par WEA Filipacchi Music.

La ballade, écrite par Marian Gold, Bernhard Lloyd et Frank Mertens, figure sur leur premier album, également intitulé Forever Young. La version lente est celle que le public connaît le mieux : une montée émotive sur nappes synthétiques. Mais cette édition française propose aussi une version accélérée, plus rythmée, en face B.

Deux rythmes pour un même espoir

Le disque est pressé chez MPO, imprimé par Glory, avec une pochette intérieure blanche (à la différence d’autres éditions brunes). Au dos, les paroles sont traduites en français. Un choix rare, qui témoigne de l’impact culturel immédiat du morceau. Forever Young dépasse la langue, le style et même son époque. Il devient une question universelle : veut-on vraiment rester jeune pour toujours ?

Le morceau n’atteint pas les sommets des charts comme les précédents singles, mais il s’impose dans la durée. Il sera repris, remixé, détourné, notamment par Jay-Z ou dans des publicités emblématiques. Ce 45 tours reste, pour beaucoup, le format original d’une émotion pop intacte.

A – Forever Young (Version Lente)

Forever Young (version lente) est une ballade douce-amère. La voix grave de Marian Gold se pose sur des nappes électroniques lentes, presque suspendues. Les paroles, simples et poignantes, évoquent le passage du temps, la peur de vieillir, le désir d’éternité. Le refrain, lentement scandé, est devenu iconique. Un classique, au sens strict du terme.

C’est cette version que les radios adoptent. Elle figure dans toutes les compilations des années 80. Elle reste, encore aujourd’hui, le morceau le plus réclamé du groupe. Forever Young, dans sa lenteur assumée, résiste au vieillissement. Elle parle à toutes les générations.

Forever Young (version rapide) tranche avec l’introspection de la face A. Ici, le tempo est relevé, la rythmique plus marquée. Les arrangements conservent les mêmes accords, mais le morceau prend des allures de single dance-pop. Cette variante, moins connue, offre une autre énergie à un texte pourtant inchangé.

Ce choix de proposer deux versions sur un même vinyle montre la volonté du groupe — ou du label — de toucher plusieurs publics : les amateurs de ballades synthétiques et les DJs des pistes de danse. Ce contraste fait de ce 45 tours une curiosité précieuse pour les collectionneurs.

Un disque, deux vitesses, un même vertige

Avec Forever Young, Alphaville signe un morceau qui transcende les formats. Ballade ou tube dansant, version lente ou rapide : l’essentiel est ailleurs. Dans l’émotion. Dans ce texte qui interroge la jeunesse, la fuite du temps et l’illusion d’un âge éternel. Une œuvre pop universelle, gravée en vinyle et en mémoire collective.

Un hymne repris, détourné, célébré

Ce 45 tours de 1985 a connu de nombreuses vies. Repris par des artistes comme Laura Branigan, cité par Jay-Z dans Young Forever, intégré dans des séries et des campagnes publicitaires : Forever Young continue d’exister. La version originale, celle que contient ce disque, reste la plus pure, la plus touchante.

Un vinyle à écouter à deux tempos, selon l’humeur. Mais toujours avec le même frisson.

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