Amina – Le Dernier Qui A Parlé… – 1991

Un face-à-face franco-suédois arbitré à la dernière minute

Rome, 1991 : la France passe à deux doigts de l’Eurovision

En 1991, Amina représente la France au Concours Eurovision de la chanson. Le titre choisi : Le Dernier Qui A Parlé…. Le soir de la finale, sur la scène de Cinecittà à Rome, elle chante en neuvième position. La prestation marque les esprits. À la fin du dépouillement, la France totalise autant de points que la Suède : 146. Mais c’est la Suédoise Carola qui l’emporte, au bénéfice d’un nombre plus élevé de « douze points ». Un règlement de départage qui fait basculer le résultat.

Le Dernier Qui A Parlé… est coécrit par Amina Annabi et Wasis Diop. Produit par Martin Meissonnier, le titre sort en 45 tours sur les labels Phonogram et Philips. La face B, Neila, est signée par K. Laurence et Maurice Poto Doudongo, qui en assure aussi la coproduction. Les arrangements sont confiés à Joseph Racaille. Le disque est pressé en France, chez PDO.

Une diffusion immédiate, un accueil national

Quelques jours après le concours, Le Dernier Qui A Parlé… est diffusé massivement en radio et à la télévision. Sur la pochette du disque figure le logo d’Antenne 2, la chaîne qui a retransmis la compétition. Le texte en français est conforme aux règles linguistiques imposées à l’époque par l’Eurovision. L’orchestre était dirigé par Jérôme Pillement.

Cette double édition du 45 tours existe avec ou sans logo télé. Les deux versions circulent encore chez les collectionneurs. Mais au-delà du support, c’est la performance elle-même qui reste gravée dans la mémoire collective.

A – Le Dernier Qui A Parlé...

Le Dernier Qui A Parlé… condense l’univers d’Amina. Une voix claire, une orchestration minimale mais tendue, et un texte direct. Écrit avec Wasis Diop, le morceau repose sur une ligne mélodique épurée. Les mots claquent. Ils interrogent plus qu’ils n’assènent. Le titre dure 3 minutes 16, le temps réglementaire de l’Eurovision. Ni plus, ni moins.

Ce morceau propulse Amina sur le devant de la scène européenne. Mais il ne décroche pas la première place. À égalité avec Carola, la chanteuse suédoise, c’est le système de départage qui tranche. Le règlement donne la victoire à celle qui a reçu le plus de notes maximales. Résultat : la France finit deuxième, malgré un score identique.

En face B, Neila. Un morceau plus long, plus libre, d’une durée de 4 minutes 25. Écrit par K. Laurence et Maurice Poto Doudongo, ce dernier en signe aussi la coproduction. L’ambiance est plus fluide, le rythme plus lent. Le texte est introspectif, sans référence directe à l’Eurovision.

Ce titre, bien que moins exposé, complète l’univers de Amina. Il montre une autre facette de son travail, plus personnel. Neila ne passe pas à la télévision, mais elle accompagne le disque. Elle en est la contrepartie sonore, plus libre, moins contrainte.

Un score égal, mais une place de second

Ce 45 tours marque un tournant pour Amina. La chanteuse, née à Carthage et installée en France, passe d’un public confidentiel à une visibilité internationale. Le concours, malgré le verdict, lance sa carrière à une autre échelle. Elle devient l’artiste à avoir frôlé la victoire… sans jamais l’obtenir.

Une trace discographique d’un instant suspendu

Le disque, édité en 1991, reste le témoignage matériel d’un moment rare. Une égalité parfaite. Une règle obscure qui décide. Et une chanson qui, malgré tout, entre dans l’histoire de l’Eurovision. Le vinyle circule encore. Et chaque passage du diamant relance la même question : qu’est-ce qu’il aurait fallu de plus ?

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