Antoine – Ra-ta-ta – 1970

Antoine riposte à la gueule de bois de 1970 avec un 45 tours qui chante et trinque : « Ra-ta-ta ».

Un coup de pop servi en deux gorgées sèches

1970. Antoine revient sur les platines avec un 45 tours au format simple. Deux titres. Une face tape fort, l’autre trinque. Le disque s’appelle « Ra-ta-ta ». Sorti chez Disques Vogue, il s’affiche avec une pochette sobre, un cliché signé Hervé Vassal. À la direction musicale : Natale Massara et son orchestre. L’habillage est net. Le contenu, détonant.

Le premier titre, « Ra-ta-ta », n’est pas une composition d’Antoine. Il l’interprète. Le morceau a été écrit par Juwens, Heilburg, Delancray et Simille. Le ton est martelé, la voix droite, le refrain percute comme un tambour. Ce n’est pas une élucubration : c’est une injonction en rythme.

La face B contraste. Il y signe lui-même « J’aime Le Bon Vin ». Deux minutes quarante pour une déclaration sans fard. L’amour du rouge, du blanc, des tablées. Pas d’ironie. Pas de recul. Juste le plaisir brut, chanté sans filtre. Le ton reste frontal, presque rustique. C’est une gorgée de vérité posée sur sillon.

Quelques années plus tôt, Antoine posait déjà son regard en coin dans « Un Éléphant Me Regarde ». Même esprit libre, même distance amusée. Le sillon continue, moins provocant, mais toujours à contre-courant.

A – Ra-ta-ta

« Ra-ta-ta » ouvre le disque. C’est une chanson à la cadence militaire, répétitive, percussive. Écrite par Juwens, Heilburg, Delancray et Simille, elle martèle son titre comme une ligne de tambour. La voix d’Antoine est posée, droite. Il ne détourne pas. Il dit ce qui est, sans détour. Pas d’ironie, pas de détour. C’est un chant sec, nerveux, presque mécanique.

Le morceau avait déjà circulé en Allemagne. Antoine le reprend à sa manière, sans traduction littérale, mais avec le même impact rythmique. Il n’en modifie pas la structure. Il le pose. Brut.

« J’aime Le Bon Vin » est écrit par Antoine. Deux minutes quarante pour une profession de foi bachique. Il n’y va pas par quatre chemins. Il aime le bon vin, il le dit. Il évoque la table, la vigne, les bouteilles. La voix est directe. L’orchestration, classique. Le texte n’est pas une provocation, c’est une adhésion. Il ne caricature pas. Il assume.

À une époque où la chanson française vire à l’introspectif, Antoine reste dans le concret. Il ne cherche ni l’image, ni le sous-texte. Il chante ce qu’il aime, comme il le boit : en pleine gorgée.

Antoine, loin des élucubrations, lève son verre et son tempo.

En 1970, Antoine n’est plus tout à fait l’agitateur de 1966. Il a quitté les cheveux longs pour l’horizon large. Il revient pourtant avec ce 45 tours : « Ra-ta-ta ». Une reprise rythmique en face A. Un hommage au vin en face B. Deux titres qui ne cherchent pas le tumulte, mais le trait juste.

Il est désormais accompagné par Natale Massara et son orchestre. L’ambiance est plus cadrée. L’orchestre donne un fond classique. Les chansons ne font pas scandale. Elles ne cherchent pas le scandale. Elles s’inscrivent dans un autre cycle. Plus posé. Plus physique. Moins verbeux.

Un 45 tours simple, sans détours

« Ra-ta-ta » ne fera pas la une. Il ne déclenche ni polémique, ni rupture. Mais il trace une ligne. Celle d’un artiste qui explore d’autres formats. D’autres auteurs. D’autres voix. « J’aime Le Bon Vin » confirme cette tendance. Loin des manifestes, Antoine chante ce qu’il aime. Sans métaphore. Sans filtre. Le vin, le rythme, le sillon.

Ce 45 tours n’est pas le plus connu. Mais il est là. Épuré. Sec. Posé sur la platine comme une parenthèse. Une gorgée de pop française millésimée 70.

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