Un coup de pop servi en deux gorgées sèches
1970. Antoine revient sur les platines avec un 45 tours au format simple. Deux titres. Une face tape fort, l’autre trinque. Le disque s’appelle « Ra-ta-ta ». Sorti chez Disques Vogue, il s’affiche avec une pochette sobre, un cliché signé Hervé Vassal. À la direction musicale : Natale Massara et son orchestre. L’habillage est net. Le contenu, détonant.
Le premier titre, « Ra-ta-ta », n’est pas une composition d’Antoine. Il l’interprète. Le morceau a été écrit par Juwens, Heilburg, Delancray et Simille. Le ton est martelé, la voix droite, le refrain percute comme un tambour. Ce n’est pas une élucubration : c’est une injonction en rythme.
La face B contraste. Il y signe lui-même « J’aime Le Bon Vin ». Deux minutes quarante pour une déclaration sans fard. L’amour du rouge, du blanc, des tablées. Pas d’ironie. Pas de recul. Juste le plaisir brut, chanté sans filtre. Le ton reste frontal, presque rustique. C’est une gorgée de vérité posée sur sillon.
Quelques années plus tôt, Antoine posait déjà son regard en coin dans « Un Éléphant Me Regarde ». Même esprit libre, même distance amusée. Le sillon continue, moins provocant, mais toujours à contre-courant.