Une silhouette animale dans les plis d’un vinyle
Sorti en 1966, le 45 tours « Un Éléphant Me Regarde » marque une nouvelle étape dans la trajectoire sonore de Antoine. Après le choc des Élucubrations, il poursuit son parcours avec un disque à l’humour plus discret, mais toujours aussi insolent. Il est encore chez Disques Vogue, toujours accompagné d’arrangements rugueux, dans une veine garage rock teintée de folk.
Le vinyle est pressé en EP 45 tours, format classique. Quatre titres. Deux faces. Une pochette sobre. Une photographie signée Jean-Marie Périer. Sur la galette, le même regard en coin. Celui qui interroge sans expliquer. Celui qui déclenche le rire ou le malaise.
Antoine n’a pas changé d’humeur. Il regarde, commente, tord les codes. Il écrit toujours ses textes lui-même. Et dans ce disque, il glisse des phrases qui désarçonnent. Pas de revendication frontale, mais une posture : celle du type qui ne se reconnaît dans aucun monde, sauf celui qu’il invente ligne après ligne.
Dans un paysage musical encore dominé par les bluettes et le yéyé, cette nouvelle livraison garde son cap. Le ton ne faiblit pas. L’humour est sec. Le verbe est libre. Et le vinyle tourne.