Une île, un film, la voix de Belafonte fait voyager la France
En 1957, Harry Belafonte débarque sur les platines françaises avec le 45 tours Une Île Au Soleil. Le disque s’appuie sur le succès du film Island in the Sun, produit par la 20th Century Fox, qui met en scène Belafonte aux côtés de James Mason, Joan Fontaine, Dorothy Dandridge, Joan Collins et Michael Rennie. Belafonte, figure du calypso et de la chanson engagée, apporte à la France une musique teintée de rythmes caribéens et de poésie insulaire.
La chanson Island In The Sun s’impose comme le titre phare du disque. Coécrite par Harry Belafonte et Irving Burgie, elle accompagne le générique du film, évoque l’attachement à la terre natale, la mémoire et le rêve d’exil. Sur scène comme sur vinyle, la voix de Belafonte entraîne l’auditeur loin du continent, au cœur des îles, des plantations de canne à sucre et des plages inondées de lumière.
Les arrangements du disque sont confiés à Bob Corman pour la majorité des titres, avec une orchestration soignée et l’apport de guitaristes tels que Frantz Casseus, Millard Thomas et Victor Messer. Cocoanut Woman et Hold ’em Joe poursuivent l’exploration du répertoire populaire des Caraïbes, tandis que Lead Man Holler complète la face A dans un esprit gospel.
Un 45 tours sous le signe du cinéma et de la diversité
Le disque Une Île Au Soleil bénéficie d’une large diffusion, appuyée par la sortie du film et la présence de Belafonte au générique. Island In The Sun devient un hymne, régulièrement repris, symbole de tolérance et de fraternité dans le contexte des années 1950. La chanson s’impose dans les palmarès, traversant l’Atlantique pour s’installer durablement dans le paysage musical français.
Le 45 tours sort sous le label RCA, pressé en France par AREA S.A. et imprimé par J Fontaine et Fils. Sur la pochette, une mention fait le lien avec le roman d’Alec Waugh à l’origine du scénario. Harry Belafonte continue sa carrière d’artiste engagé, ambassadeur du calypso, de la culture antillaise et des luttes pour l’égalité. Le disque s’inscrit comme une pièce majeure du patrimoine musical des années 1950.