L’orage gronde, 1970 s’enflamme à l’heure du riff
Black Sabbath débarque dans la nuit anglaise, 1970 cède à la secousse. Paranoïd claque comme un slogan, propulsé par la basse de Geezer Butler, la guitare de Tony Iommi, la batterie de Bill Ward, la voix de Ozzy Osbourne. Rien ne prédisposait ce quatuor de Birmingham à changer l’histoire : tout commence dans la grisaille ouvrière, l’envie de faire du bruit, de cogner fort, de déranger.
L’enregistrement de Paranoïd se décide à la hâte. Il manque un titre pour l’album : en quelques minutes, la bande compose un morceau nerveux, tendu. Le producteur Rodger Bain pousse à aller vite, à tout jouer d’un bloc. Les studios de Regent Sound et Island Studios vibrent d’une énergie brute. Le 45 tours sort sur le label Vertigo, la pochette s’affiche sans détour, noir sur blanc.
Le disque atterrit en France, série Parade, au format flipback. Paranoïd s’impose sur les ondes, circule sous le manteau, déclenche des débats chez les jeunes, s’infiltre dans les cafés, les vestiaires, les garages. Les critiques parlent d’un son agressif, certains s’affolent : trop fort, trop noir, trop neuf. Les radios hésitent, la jeunesse adopte. Sur la face B, Rat Salad creuse le sillon, batterie sèche, riff tranchant, rien n’est lissé.
Black Sabbath, souffle neuf sur la scène rock
Avant Paranoïd, Black Sabbath s’est déjà forgé un nom sur les scènes britanniques. Le groupe sort un premier album éponyme la même année, impose sa marque, multiplie les concerts. Paranoïd n’était pas prévu pour devenir un hymne. Mais le morceau, écrit dans l’urgence, monte dans les classements, décroche la deuxième place au Royaume-Uni, s’installe dans les charts européens, fait basculer la jeune histoire du heavy metal.
La presse britannique débat : chef d’œuvre d’énergie ou provocation gratuite ? Le quatuor ne dévie pas. La face B, Rat Salad, révèle un aspect plus instrumental, laisse la batterie de Bill Ward s’exprimer. Le disque s’échange, se collectionne, se transmet. Le nom Black Sabbath passe d’un pays à l’autre. Les années suivantes, le groupe s’impose, forge le