Un duo inattendu sous l’averse, la France découvre Blues Trottoir
En 1987, la pluie s’abat sur les rues de Paris. Blues Trottoir surgit dans l’ombre des studios : Clémence Lhomme et Olivier Defays, fils de Pierre Richard, s’associent autour d’un son jazz-pop. Leur 45 tours Un Soir De Pluie devient un coup de foudre instantané. Le duo, d’abord ignoré par les maisons de disques, insiste. Il faut une intuition, un pari : Disques Carrère mise finalement sur leur projet. Clémence Lhomme apporte la voix douce, le timbre feutré, Olivier Defays insuffle le souffle chaud du saxophone.
La France se laisse gagner par Un Soir De Pluie. Le disque entre discrètement dans les programmations, puis s’impose : Top 50, sixième place, plus de 450 000 exemplaires écoulés. Les radios, les clubs, les soirées d’orage : partout la mélodie s’installe. Blues Trottoir s’inscrit dans l’air du temps, à contre-courant, dans un paysage musical dominé par la variété et la pop.
Clémence Lhomme s’inspire d’abord de New York, rêve d’une chanson en anglais, mais Jacques Davidovici la convainc : le français sera leur langue. Le duo affine son identité : Olivier Defays, saxophoniste, se distingue, Clémence Lhomme devient la voix qui accompagne la nuit. L’histoire se joue sur un coup de dés, sur l’intuition d’un producteur, sur la pluie tombée ce soir de juin 1987.
Un single refusé… puis porté par la pluie et le public
Avant de devenir un tube, Un Soir De Pluie subit les refus. Trop atypique, trop fragile, entend-on chez les maisons de disques. Mais la pluie finit par percer les nuages. Le morceau gagne le Midem 1988, à égalité avec Joe le Taxi de Vanessa Paradis. Le disque, porté par la simplicité de sa mélodie et la sincérité de son interprétation, s’impose comme un classique de la décennie. Il marque aussi le début d’un parcours singulier pour Blues Trottoir.