Boney M., le raz-de-marée disco venu des Caraïbes
En 1978, la France vit à l’heure de Boney M.. Après Ma Baker, Sunny et Belfast, le groupe orchestré par Frank Farian frappe un grand coup avec Rivers Of Babylon. La face A du nouveau 45 tours puise dans le répertoire jamaïcain. La chanson, écrite à l’origine par le groupe The Melodians en 1970, tire son texte du psaume 137 de la Bible. Boney M. l’adapte, l’habille de rythmes disco et transforme ce titre spirituel en hymne dansant. La sortie en France, sous les labels Carrere et Hansa Records, coïncide avec l’explosion du phénomène dans toute l’Europe. Sur la face B, Brown Girl In The Ring poursuit la fête, avec une mélodie traditionnelle caraïbe revisitée façon disco. La recette Farian fonctionne à plein régime. Les pistes s’embrasent, les radios suivent.
Le succès est immédiat. Rivers Of Babylon grimpe en tête des classements, la chanson s’impose comme l’un des plus gros tubes de l’année. La production allemande orchestre chaque détail : les voix de Liz Mitchell et Marcia Barrett, l’énergie scénique de Bobby Farrell, le son calibré pour les clubs. L’histoire de Boney M. continue : de Daddy Cool à Rasputin, chaque 45 tours marque une étape de la vague disco mondiale. Sur la pochette, l’image du groupe envahit les vitrines des disquaires. Le refrain « By the rivers of Babylon… » traverse les frontières.
Le vinyle se vend par millions. Partout, la face A accompagne les soirées, la face B prolonge la fête. Boney M. multiplie les apparitions télé, enchaîne les tournées et impose un style, une méthode, une signature. En 1978, la France, l’Allemagne, le Royaume-Uni, toute l’Europe se retrouve autour de Rivers Of Babylon et de Brown Girl In The Ring. Le phénomène ne ralentit pas.