Un homme seul, Paris à ses pieds
En 1957, Charles Aznavour pose sur une terrasse parisienne. Derrière lui, la Tour Eiffel. Devant lui, le vide. Bras tendu, costume sombre, il incarne déjà cette voix solitaire qui va marquer l’époque. Le disque s’appelle Charles Dans La Ville. Trois titres. Une carte postale chantée d’un homme et de sa ville. C’est une exclusivité Ducretet Thomson. Direction musicale : Jean Leccia.
À cette date, Charles Aznavour a trente-trois ans. Il a déjà chanté « J’aime Paris au mois de mai », « Sur ma vie », « Viens au creux de mon épaule ». Il a aussi composé pour les autres. Il revient cette fois au format EP 45 tours. Trois titres pour arpenter les pavés, explorer les failles, capter l’intime dans les rues bruyantes. Un répertoire de ville, mais toujours avec ce regard penché vers l’intérieur.
Trois chansons, trois atmosphères. « La Ville » ouvre le bal, sorte de marche urbaine désenchantée. Puis « Si je n’avais plus », où tout s’effondre à la pensée d’un manque. Enfin, « C’est merveilleux l’amour », titre paradoxal, presque ironique. Chaque titre porte sa signature. Chaque mot est pesé. Chaque inflexion parle d’Aznavour lui-même, même s’il prétend parler des autres.