1972. Un studio, un texte sec, un silence derrière la vitre.
Charles Aznavour entre dans le studio Barclay. Il a écrit Comme Ils Disent d’un jet. Une seule rime l’arrête. Il sort un plan de Paris. Il lit « rue Sarasate ». Il l’insère. Le texte est fini.
Il l’a construite en observant. Son chauffeur. Son secrétaire. Un ami décorateur : Androuchka. Il la fait écouter à des amis homosexuels. Personne ne parle. « Qui va chanter ça ? » Il répond : « Moi. » On lui demande s’il fera une annonce sur scène. Il refuse. Pas de déclaration. Pas de recul. Pas de filtre.
Le titre paraît d’abord sur l’album Idiote je t’aime. Puis en 45 tours. Deux faces B selon les éditions : une version presse avec Idiote je t’aime. Une version publique avec On Se Réveillera. Sur la pochette, Aznavour baisse les yeux. Noir sur fond neutre.
Il monte sur la scène de l’Olympia. Trois soirs. Trente chansons par soir. Comme Ils Disent est au programme. Aucun mot d’introduction. Il chante. Il sort. Dans la salle, pas un bruit pendant l’exécution. Le 45 tours sort. Il dépasse les 150 000 ventes. Il entre dans les classements en France et en Belgique.
2 réflexions sur “Charles Aznavour – Comme Ils Disent – 1972”
la grosse merde
Si c’est ça le niveau d’analyse critique chez certains étudiants, on comprend mieux pourquoi l’éducation patine.
Quand on sort d’une académie – Metz-Nancy, eh oui, l’anonymat est relatif cher anonyme – censée former l’intelligence, et qu’on pond ça, on ne touche pas le fond : on l’excave.
Aznavour mérite mieux.
Toi, des cours de français, d’histoire de la chanson, et un soupçon de culture générale.
Comme ils disent est un texte d’une rare justesse.
Mais pour le percevoir, encore faut-il savoir lire. Et penser.