Le succès de Brasilia Carnaval propulse Chocolat’s vers une carrière fulgurante de trois années intenses. Dès 1975, l’album éponyme sort avec huit titres dont Chocolate Samba, El Charlatan, El Cumbanchero et El Bimbo. Le disque propose deux versions de Brasilia Carnaval : la version folklorique de la face B et une version orchestrale inédite. L’accueil du public dépasse toutes les espérances avec cinq millions d’exemplaires vendus.
Fin 1975, Chocolat’s récidive avec l’album Rythmo Tropical. Les titres Samba Fantastico, El Pim Pam Pum et Salambô confirment la recette gagnante du groupe. Cet opus s’écoule à plus d’un million quatre cent mille exemplaires, consolidant la position de Chocolat’s sur le marché européen. La formation devient une référence incontournable de la musique disco-latino.
Trois années de gloire intense
L’année 1976 marque l’apogée créatif du groupe avec l’album Kings of Clubs produit par Able Records. Le single Donne-moi un baiser fait sensation dans les charts européens. Le titre Toca Toca Mi Ré Fa sort également mais rencontre un accueil plus mitigé du public. Ces succès confirment la capacité de Chocolat’s à renouveler sa formule sans perdre son identité.
1977 voit naître deux albums majeurs : Baby, Let’s Do It The French Way et The Fabulous Chocolat’s. Le single Cubanita devient rapidement un classique des pistes de danse européennes. Cette production intensive témoigne de la demande insatiable du public pour les créations du groupe. Salvatore Acquaviva et son équipe multiplient les prestations scéniques, éblouissant les spectateurs par leurs chorégraphies colorées et leurs costumes flamboyants.
L’héritage d’un producteur visionnaire
Marcel De Keukeleire s’impose comme une figure majeure de l’industrie musicale belge. Né à Mouscron en 1922, cet ancien accordéoniste transformé en disquaire révolutionne la production musicale européenne. Son label Elver devient le tremplin de nombreux succès internationaux, de La Danse des canards de JJ Lionel à Born to be Alive de Patrick Hernandez. Sa méthode de travail, privilégiant l’efficacité et l’instinct commercial, influence durablement l’industrie du disque belge.
L’approche de De Keukeleire consiste à créer des groupes sur mesure pour ses compositions. Cette stratégie industrielle permet d’optimiser la commercialisation tout en gardant le contrôle artistique total sur les projets. Il collabore régulièrement avec Jean Van Loo, son ancien professeur de natation devenu associé en production. Ensemble, ils développent un réseau de studios et de distributeurs qui couvre l’ensemble de l’Europe francophone.
La fin d’une époque
1978 sonne comme le chant du cygne avec l’album African Choco, septième opus du groupe. L’inspiration semble s’essouffler malgré la qualité technique toujours présente. Début 1979, Chocolat’s sort un ultime 45 tours produit par Elver Records avec Senorita Por Favor et People’s Reggae. Ces titres marquent la tentative désespérée du groupe de s’adapter aux nouvelles tendances musicales.
La dissolution officielle intervient en 1980 après seulement cinq années d’existence. Cette fin prématurée surprend les fans européens habitués à voir Chocolat’s dominer les hit-parades. La Compagnie Créole récupère immédiatement l’héritage musical du groupe et reprend plusieurs de ses tubes dès la fin 1980. Cette transmission assure une seconde vie aux compositions de Marcel De Keukeleire et maintient l’esprit festif de Chocolat’s dans les mémoires collectives.
Au total, le groupe aura écoulé plus de six millions quatre cent mille disques en trois années d’activité intense. Ces chiffres records pour une période si courte témoignent de l’impact phénoménal de Chocolat’s sur la scène musicale européenne. Rétrospectivement, la fin des années soixante-dix représente le summum de cette aventure musicale où le public fut ébloui par l’originalité des mélodies et le talent des danseuses aux costumes colorés.
Aujourd’hui, Brasilia Carnaval demeure un classique de la musique populaire européenne. Sa mélodie instantanément reconnaissable continue de faire danser les générations dans les bals et les festivités. Cette chanson de trois minutes a marqué définitivement l’histoire de la variété française et mérite une réécoute attentive pour apprécier son efficacité mélodique intemporelle.