Chris Andrews – Yesterday Man – 1965

Le tube venu d’Angleterre qui a retourné les yéyés français en 1965

Londres frappe à la porte des platines françaises

À l’automne 1965, un certain Chris Andrews fait irruption sur les platines françaises avec un 45 tours estampillé Disques Vogue. Le titre principal s’appelle Yesterday Man. L’homme derrière la chanson n’est pas un inconnu. Il a déjà écrit pour Sandie Shaw, mais cette fois, il chante lui-même. Avec sa coupe sage et ses costumes bien repassés, il ne paie pas de mine. Pourtant, dès les premières secondes, son accent cockney accroche l’oreille.

Enregistré en Angleterre, mais pressé en France, le disque sort sous le label INT. 18036. Quatre titres y sont gravés, tous écrits par Chris Andrews lui-même. La réalisation est assurée par Stevie Productions Ltd., société également créditée pour les photos de la pochette. L’orchestration est dirigée par Ken Woodman.

Un succès transfrontalier

Yesterday Man dépasse rapidement les frontières. En Grande-Bretagne, il grimpe dans les charts. En Allemagne, il devient même un hymne. En France, les disquaires le placent à côté des yéyés. Mais sa rythmique chaloupée et son refrain direct lui donnent un air d’intrus. C’est justement cette étrangeté qui attire les curieux, à la recherche d’un son venu d’ailleurs.

A1 – Yesterday Man / A2 – Too Bad You Don't Want Me

Yesterday Man s’impose dès sa sortie comme un tube inattendu. Portée par une rythmique syncopée et un chant faussement naïf, la chanson raconte l’histoire d’un homme délaissé. En 1965, le titre cartonne outre-Manche, atteignant la 3e place du classement britannique. Il trouve aussi son public en Allemagne, en Belgique et en France. Le ton direct et la diction à l’anglaise tranchent avec les productions locales.

Too Bad You Don’t Want Me, deuxième morceau de la face A, reprend les codes du rock anglais. Toujours écrit par Chris Andrews, il pousse un peu plus le curseur de l’amertume amoureuse. L’accompagnement dirigé par Ken Woodman reste sobre, laissant place à la voix claire du chanteur. La chanson ne sera pas un single, mais elle accompagne bien le sillage du titre principal.

La face B s’ouvre sur To Whom It Concerns, un morceau plus mélancolique. Chris Andrews y adopte un ton plus grave. L’instrumentation reste contenue, centrée sur la voix et le texte. La chanson évoque une lettre adressée à une personne absente, sans nom, sans retour. La structure simple met en valeur le message direct.

En dernière piste, It’s All Up To You Now clôt le disque avec un ton plus décidé. Toujours porté par une écriture personnelle, Chris Andrews y invite à tourner la page. Le morceau dépasse les trois minutes, ce qui est rare pour un 45 tours. C’est un adieu sec, une main tendue au public pour sortir du mélodrame. Une clôture à la hauteur du titre inaugural.

Un Anglais débarque dans les bacs français et ne repart plus

Le 45 tours Yesterday Man, sorti en 1965, marque la véritable entrée en scène de Chris Andrews comme chanteur solo. Jusque-là, il avait surtout écrit pour d’autres, notamment Sandie Shaw, dont il reste le principal parolier. Avec ce disque, il passe devant le micro, et c’est un succès immédiat. La chanson-titre atteint les sommets des classements européens.

Un succès paneuropéen

En France, l’édition par Disques Vogue permet une distribution large. Le public y découvre un son britannique direct, sans filtre. Chris Andrews ne cherche pas à imiter les yéyés, il impose son style. Le morceau Yesterday Man devient son emblème, et reste à ce jour le plus grand succès de sa carrière.

Le disque sera souvent réédité. La version originale anglaise sort chez Decca, mais la version française, avec ses crédits spécifiques, reste prisée des collectionneurs. Le nom de Ken Woodman, arrangeur reconnu, figure discrètement sur la pochette. Quant à Stevie Productions Ltd., elle continue à suivre la carrière de l’artiste.

Le disque reste l’un des exemples les plus marquants de l’import britannique dans les bacs français des années 60. Une preuve qu’en pleine vague yéyé, il restait de la place pour d’autres accents. À (re)découvrir en version originale.

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