L’année 1986 voit naître l’un des phénomènes musicaux les plus marquants de la décennie avec Don’t Leave Me This Way des Communards. Ce duo britannique, formé l’année précédente par Jimmy Somerville et Richard Coles, transforme un classique disco des années 1970 en hymne Hi-NRG irrésistible. Leur nom, inspiré des révolutionnaires de la Commune de Paris de 1871 découverts au mur des Fédérés du Père-Lachaise, révèle d’emblée leurs convictions politiques et sociales. Cette collaboration avec Sarah Jane Morris marque l’apothéose créative d’un groupe qui incarne parfaitement l’esprit contestataire et festif des années 1980 britanniques.
La révolution synth-pop des anciens de Bronski Beat
Jimmy Somerville apporte à ce nouveau projet sa voix de falsetto reconnaissable et son engagement militant pour les droits LGBT. Après le succès de Bronski Beat avec Smalltown Boy, l’artiste ouvertement gay trouve en Richard Coles un complice idéal, musicien classique capable d’arrangements sophistiqués. Leur premier single You Are My World révèle déjà cette esthétique unique, mélange de revendications politiques et de mélodies accrocheuses. La France accueille particulièrement bien cette nouveauté, propulsant le titre à la 8e place des charts hexagonaux quand l’Angleterre reste plus réservée.
Sarah Jane Morris, la voix qui change tout
La rencontre avec Sarah Jane Morris transforme radicalement la dynamique du groupe. Cette chanteuse de Southampton, formée au jazz et aux musiques du monde, apporte sa voix grave et puissante qui contraste magistralement avec le falsetto aérien de Somerville. Leur duo vocal sur Don’t Leave Me This Way crée une alchimie unique, transformant cette reprise en création originale. Morris, militante comme ses partenaires, incarne cette nouvelle génération d’artistes britanniques qui utilisent la pop comme vecteur d’émancipation sociale.
L’enregistrement aux studios Sigma de New York sous la direction de Mike Thorne garantit cette qualité sonore moderne qui propulse le titre vers les sommets. Cette année 1986 consacre les Communards comme l’un des groupes les plus innovants de la scène synth-pop européenne, capables de transformer l’héritage disco en langage contemporain militant.