Retour au premier plan pour le “rockaccordéon”
Gérard Blanchard, né à Tours en 1953, surprend la scène française dès 1981 avec “Rock Amadour”, puis persiste dans l’audace. En 1987, il ressurgit avec “Elle Voulait Revoir Sa Normandie”, après le succès de titres comme “Papous” en 1983. L’accordéon, son “branle-poumons”, reste au centre du jeu. Sur ce 45 tours, il détourne le célèbre air du XIXe siècle de Frédéric Bérat pour l’ancrer dans l’époque, loin des conventions du musette ou de la variété classique.
“Elle Voulait Revoir Sa Normandie” s’impose comme un clin d’œil grinçant à la tradition. Sur la pochette, Gérard Blanchard contemple la nuit urbaine, dos à la Seine. La chanson, portée par l’accordéon et des paroles mordantes, narre l’histoire d’une femme en quête de racines, basculant la nostalgie dans l’ironie. Le public suit, le titre fait son chemin sur les radios, et l’artiste s’offre un retour en pleine lumière.
Face B, “Des Mots Grossiers, Des Mots Vulgaires”, dévoile une introspection inattendue. Blanchard questionne la difficulté de créer, la recherche des mots justes, dans une veine plus intime, toujours servie par une orchestration directe.
Un tube entre satire, identité et liberté artistique
Le single s’arrime à l’album Amour de Voyou. Gérard Blanchard s’affiche comme un franc-tireur, préférant la marge à la lumière des projecteurs. Il joue l’attachement à la tradition en la bousculant, met la satire et la distance là où d’autres jouent la nostalgie. La chanson inspire, amuse, surprend : la Normandie rock version Blanchard, c’est la province qui déborde sur la ville, la chanson du XIXe passée à la moulinette pop rock des années 80.