« Amsterdam », un soir d’automne à l’Olympia
En 1964, la scène de l’Olympia devient le théâtre d’un choc. Jacques Brel entre en scène. Dans la lumière, il entonne Amsterdam. La salle retient son souffle. Quelques minutes, et l’atmosphère bascule. Le public découvre un tableau brut, inspiré de la vie des marins, des quais et des tavernes. Jacques Brel, déjà auteur de Ne me quitte pas, pousse la narration jusqu’à l’épuisement, capturant la ville et ses excès.
Le 5 novembre 1964, le 45 tours sort chez Barclay. Trois titres. Amsterdam en face A. En face B, Les Timides et Les Jardins Du Casino. L’enregistrement, réalisé lors d’un concert à l’Olympia, porte la tension d’une salle suspendue aux mots du chanteur. Jean Corti glisse son accordéon sur la face A, Sylvette Allart fait vibrer les ondes Martenot sur Les Timides. Gérard Jouannest, complice de toujours, accompagne au piano, l’orchestre de l’Olympia suit la cadence imposée par François Rauber.
Le disque arbore la mention « Grand Prix National du Disque » et « Meilleur chanteur 1964 ». Jacques Brel reçoit l’ovation du public français, mais aussi belge et international. Le Royaume-Uni découvre la force évocatrice du poète. L’année 1964 s’inscrit dans la légende de la chanson francophone, portée par la voix et les mots de Jacques Brel.