En cette fin d’année 1979, Jean-Pierre Savelli entre dans l’histoire des génériques télévisés français avec l’interprétation du thème d’Albator, le corsaire de l’espace. Le chanteur toulonnais, né le 18 mai 1949, met sa voix au service de cette bande originale française de la série animée japonaise créée par Leiji Matsumoto. Éric Charden compose la musique tandis que Didier Barbelivien signe les paroles de ce qui deviendra l’un des génériques les plus marquants de la télévision française.
Cette collaboration marque un tournant dans la carrière de Jean-Pierre Savelli, protégé de Michel Legrand depuis leur rencontre décisive en 1968. L’artiste avait déjà prouvé son talent pour les bandes originales avec La Chanson du Prince pour Peau d’âne de Jacques Demy. Son titre Un goût de soleil, de pomme et de miel, composition de Legrand, lui avait valu la Rose d’or d’Antibes en 1972, lançant véritablement sa carrière après des tournées avec Claude François et Serge Lama.
La rencontre de deux univers musicaux
Éric Charden, né Jacques André Gilbert Charden le 15 octobre 1942 à Haïphong en Indochine française, apporte son expertise de compositeur reconnu. Membre du célèbre duo Stone et Charden avec Annie Gautrat, il avait déjà signé des tubes comme L’Avventura en 1971, Laisse aller la musique et Il y a du soleil sur la France. Parallèlement à sa carrière d’interprète, il composait pour les plus grandes vedettes : Johnny Hallyday, Sheila, Sylvie Vartan et Dalida.
La série Albator débarque sur Antenne 2 le 7 janvier 1980 dans l’émission Récré A2, diffusant les 39 premiers épisodes qui marqueront l’enfance de toute une génération. Cette adaptation française de Captain Harlock nécessitait un générique à la hauteur de l’univers spatial du corsaire au pavillon noir. Éric Charden développe avec Didier Barbelivien un style disco-futuriste parfaitement adapté aux aventures d’Albator et de son équipage à bord de l’Atlantis.
Le 45 tours paraît en 1979 et porte la mention “Bande Originale Du Générique Du Feuilleton Télévisé A2” sur sa pochette. Jean-Pierre Savelli n’apparaît pas crédité sur cette édition, respectant les contraintes contractuelles de l’époque. Cette discrétion n’empêche pas le disque de devenir rapidement un objet de collection, témoignage de l’impact immédiat du générique sur le public français qui découvre les aventures du corsaire de l’espace.