Deux plumes, une voix, et l’écho d’une époque en rupture
En 1966, Joan Baez sort un 45 tours français atypique. Face A : « Farewell Angelina », de Bob Dylan. Face B : « Colours », de Donovan. Deux titres majeurs. Deux figures masculines du folk. Mais une seule interprète. Une voix féminine, droite, limpide, qui traverse les lignes. Ce n’est pas une compilation. C’est une prise de position. Une respiration entre deux combats.
À cette date, Joan Baez a déjà chanté « Donna Donna », « We Shall Overcome » et « House of the Rising Sun ». Elle est devenue l’emblème d’une génération en marche. Elle reprend ici un inédit de Dylan, jamais publié par lui, et un poème mélodique de Donovan, voix émergente de la scène britannique. Les deux titres figurent déjà dans son répertoire scénique.
Un adieu, une nuance, une transition
Joan Baez ne compile pas. Elle sélectionne. « Farewell Angelina » n’est pas un au revoir. C’est un point de rupture. « Colours », ce n’est pas une parenthèse. C’est une palette. Sur ce 45 tours, tout est contraste. Voix nue. Acoustique sèche. Textes à double fond. Le disque ne cherche pas l’impact commercial. Il impose un silence tendu entre deux mondes qui basculent.