1984. Julien Clerc s’installe dans un restaurant parisien avec des amis. À une table voisine, un homme griffonne quelques mots sur un bout de papier. David McNeil, fils du peintre Marc Chagall, fait passer le message à l’intention du chanteur. Une proposition de travail conjoint sur une chanson. Les deux hommes ne se connaissent pratiquement pas, ils se sont croisés furtivement lors d’un gala.
La collaboration avec Étienne Roda-Gil appartient au passé depuis plusieurs années déjà. Finie l’époque de La Cavalerie, Niagara ou Le Patineur. Depuis 1976, Julien Clerc diversifie ses paroliers. Jean-Loup Dabadie lui écrit Ma préférence et Femmes, je vous aime. Maxime Le Forestier signe J’ai eu trente ans. Serge Gainsbourg compose Mangos. Luc Plamondon livre Lili voulait aller danser.
Le passage chez Virgin
McNeil retourne le papier par le même chemin, précise son numéro de téléphone au dos. Quelques jours plus tard, rendez-vous au domicile de Julien Clerc. David appartient encore au milieu underground de la chanson. Sa fierté : avoir composé une chanson qu’Yves Montand a sacralisée sous le titre Hollywood. Pour Julien Clerc, c’est tout l’inverse. Son public, surtout féminin, s’amplifie de jour en jour.
Les deux hommes découvrent qu’ils partagent l’amour des Antilles. Julien évoque son grand-père guadeloupéen, McNeil éprouve le besoin de s’y rendre pour se ressourcer. Julien s’installe à son piano, joue une béguine de son cru, l’enregistre sur cassette. David s’en empare. Les deux hommes prennent congé.
Virgin, le nouveau défi
Julien Clerc vient de quitter Pathé-Marconi pour intégrer la firme anglaise Virgin, encore un petit label à l’époque. Il change sa longue chevelure brune et bouclée contre des cheveux courts. Son image évolue. Cœur de rocker capture l’esprit des années quatre-vingt. La Fille aux bas nylon confirme cette transformation. Le clip de la chanson saisit parfaitement l’air du temps.