En 1972, Julien Clerc confirme son statut de vedette française. L’album Liberté, Égalité, Fraternité… ou la Mort sort cette année-là et révèle deux titres emblématiques de sa collaboration avec Étienne Roda-Gil. Le single associe Si on chantait en face A et Le Patineur en face B. Ces deux chansons marquent l’apogée créatif du duo compositeur-parolier, cinq ans après leur rencontre au café L’Écritoire place de la Sorbonne.
L’âge d’or de la collaboration Clerc-Roda-Gil
Depuis 1967, Julien Clerc et Étienne Roda-Gil forment un tandem artistique exceptionnel. Le parolier, fils de combattants républicains espagnols exilés, apporte son écriture hermétique et militante. Roda-Gil exerce une véritable fascination intellectuelle sur Julien. Sensiblement plus âgé, c’est un brillant théoricien autant qu’un passionné des mots. Il impose à travers la voix de Julien son style, réputé parfois hermétique. Les tubes s’enchaînent depuis La Cavalerie, Yann et les dauphins, La Californie, Ce n’est rien.
Le contexte artistique de 1972
Julien Clerc se produit en vedette à l’Olympia du 28 décembre 1971 au 16 janvier 1972. Cette consécration scénique accompagne la sortie de l’album Liberté, Égalité, Fraternité… ou la Mort. Jean-Claude Petit assure les arrangements et la direction d’orchestre, apportant sa sophistication musicale. Tony Frank signe la photographie de ce 45 tours. L’année 1972 voit Julien Clerc atteindre une maturité artistique remarquable, avec un public fidèle conquis par sa voix haut perchée et son vibrato caractéristique.
Alain Souchon rend plus tard hommage au génie mélodique de Julien Clerc et salue Étienne Roda-Gil comme l’un des plus grands paroliers français. Les couplets de Si on chantait portent la patte d’un génie de la chanson, même si leur sens n’apparaît pas toujours flagrant à la première écoute. La texture des phrases reste fort agréable à chanter.