Karen Cheryl révolutionne son image en 1978 avec Sing To Me Mama. L’ancienne Carène Cheryl effectue sa mue artistique après un stage de danse de six mois à New York. Cette transformation radicale intervient suite aux échecs commerciaux de Mamma Mia et L’amour que l’on se donne en 1976 et 1977. Son producteur Humbert Ibach décide de l’orienter vers le disco anglophone, suivant la stratégie de Claude Carrère avec Sheila. Isabelle Morizet, de son vrai nom, américanise son prénom et adopte la queue de cheval caractéristique. Les Disques Ibach misent tout sur cette reconversion disco de leur protégée de vingt-trois ans.
Une production internationale ambitieuse
Humbert Ibach mobilise des moyens considérables pour assurer le succès de cette nouvelle orientation artistique. L’enregistrement se déroule dans les prestigieux Sigma Sound Studios de Philadelphie et les Trident Studios de Londres. Les chœurs sont assurés par les Three Degrees avec Barbara Ingram, Carla Benson et Evette Benton. Les instruments s’enregistrent à Philadelphie, la voix de Karen Cheryl à Londres, le mixage final à New York. Cette production transatlantique illustre l’ambition internationale du projet disco français.
Le 45 tours sort initialement sans révéler l’identité de l’interprète pour attiser la curiosité. Cette stratégie marketing se révèle payante puisque le titre se classe rapidement parmi les vingt meilleures diffusions clubs en décembre 1978. Sing To Me Mama s’écoule à plus de trois cent cinquante mille exemplaires et atteint la trente-sixième position des ventes annuelles françaises. Ce succès propulse Karen Cheryl au rang de star disco française aux côtés de Sheila et de ses aventures américaines.