Printemps 1982. « Chacun fait (c’qui lui plaît) » de Chagrin d’amour cartonne dans toute la France. Trois millions d’exemplaires vendus. NRJ diffuse le titre neuf fois par jour. Dans cette folie collective, Les Charlots flairent le bon coup. Gérard Rinaldi, Jean Sarrus et Gérard Filippelli débarquent avec leur idée : transformer le tube parisien en histoire paysanne.
« Chagrin D’labour » naît de cette logique implacable du détournement. Le groupe adapte le phrasé rap urbain en version terroir berrichon. Marcel Philipeli remplace le noctambule de la capitale. Les bars louches deviennent un petit café près de la poste. L’enregistrement se déroule au Studio Continental de Paris avec les moyens de Barclay.
Un trio en pleine renaissance
Les Charlots traversent une période charnière. Après le départ de Luis Rego en 1971 et les conflits avec le producteur Christian Fechner, le groupe a fondé Choucroute International Production en 1977. Cette société leur permet de contrôler enfin leur carrière. Le succès récent de « Biguine au biniou » a relancé leur notoriété.
Depuis « Paulette la reine des paupiettes » et « Merci patron », le groupe maîtrise l’art de la parodie. « Chagrin D’labour » confirme leur retour musical triomphal après les turbulences des années soixante-dix. Le titre va dépasser les cent cinquante mille ventes selon les statistiques d’époque.