Paris, automne 1967. Les Charlots enregistrent ce qui deviendra leur plus grand succès. « Paulette la reine des paupiettes » naît d’une improvisation en studio. Gérard Rinaldi invente cette histoire de cuisinière championne. Luis Rego ajoute les arrangements déjantés. Le morceau fait d’abord rire les techniciens. Puis les programmateurs radio. Enfin la France entière. Les Charlots viennent de créer un monument de l’humour musical français.
Le triomphe d’anciens rockers devenus comiques
Un an plus tôt, ils étaient encore Les Problèmes. Groupe rock sérieux qui accompagnait Antoine. Luis Rego sortait de prison au Portugal, où il avait été incarcéré comme déserteur. Le groupe chantait des protest songs. Les concerts avec Antoine dégénéraient parfois en bagarres avec les fans de Johnny Hallyday. Puis vint la parodie « Je dis n’importe quoi ». Le succès inattendu les pousse vers l’humour. Christian Fechner les encourage dans cette voie. Les Charlots sont nés.
Le groupe fonctionne comme une machine parfaitement huilée. Gérard Rinaldi, ancien élève en philosophie, manie les mots avec génie. Luis Rego apporte son énergie rebelle et son humour caustique. Gérard Filippelli, dit Phil, sort son accordéon magique. Jean Sarrus assure les basses rondes. Jean-Guy Fechner, frère du producteur, martèle sa batterie. Ensemble, ils créent un son unique. Entre rock garage et bal musette. Entre Beatles et café-concert.