Avril 1961. Jean-Pierre Chichportich, batteur des Chaussettes Noires, est appelé sous les drapeaux. Des auditions s’organisent en urgence aux Studios Barclay pour lui trouver un remplaçant. Plusieurs candidats postulent, mais un seul réussit l’épreuve imposée. Gilbert Bastelica, ami de Jean-Pierre et batteur de l’orchestre de jazz Les Swingsters de Gilbert Lerner, décroche le poste grâce à sa maîtrise technique.
Le 5 avril 1961, séance d’enregistrement historique. Les Chaussettes Noires gravent quatre nouveaux titres dont « Hey Pony », adaptation française de « Pony Time » écrite par Don Covay et John Berry. Claude Moine signe les paroles françaises de cette danse venue d’Amérique. Chubby Checker a fait de l’original un tube numéro un aux États-Unis en février 1961. Les Chaussettes Noires s’approprient immédiatement cette nouveauté musicale.
La révolution du twist français
Gilbert Bastelica devient le seul candidat capable de restituer parfaitement le roulement de caisse claire en introduction d’« Hey Pony ». Cette prouesse technique lui vaut d’intégrer le groupe en pleine tournée le 15 mai 1961. Pour ne pas heurter les admirateurs, il adopte le pseudonyme de Jean-Pierre, prénom de son prédécesseur. Cette substitution illustre l’importance accordée à la continuité artistique du groupe.
Le disque sort en avril 1961 chez Barclay sous la référence 70 383. « Hey Pony » côtoie « Fou d’elle », adaptation d’« Everybody Got A Date But Me », « O Mary-Lou » version française de « Going Home to Mary Lou » de Neil Sedaka et « La Bamba Rock » arrangée par Jean Bouchéty. Ces quatre titres confirment la stratégie d’adaptation systématique des succès américains pratiquée par le groupe.
Le 19 avril, Les Chaussettes Noires passent à la télévision dans « Rue de la gaîté » présentée par Anne-Marie Carrière. Ils y interprètent « Hey Pony » en direct, contribuant à populariser cette nouvelle danse auprès du public français. Cette émission marque l’entrée officielle du twist dans l’univers télévisuel hexagonal.