Marcel Amont – “Bleu, Blanc, Blond” – 1959

Un tricolore sonore entre fantaisie douce et gravité retenue

Un EP en bleu, blanc, blond, sur un tempo à la française

En 1959, Marcel Amont sort un nouveau 45 tours baptisé Bleu, Blanc, Blond, pressé par la Société Phonographique Philips pour le compte de Polydor. Ce disque reçoit la même année le Grand Prix du Disque de l’Académie Charles Cros. À cette époque, Amont impose son style fait d’élégance souriante et de précision dans l’interprétation. Il est ici accompagné par l’ensemble de Claude Romat.

Le vinyle comprend quatre titres : Bleu, Blanc, Blond et Les Bleuets D’azur en face A, suivis de Y’en Avait Pas Beaucoup et Si Je Devais Mourir D’amour en face B. Ces chansons, diverses dans leur ton, trouvent leur cohérence dans la voix claire et dans la manière d’Amont de poser le verbe sans en faire trop.

Un disque entre cocasserie et tendresse voilée

Le titre principal, Bleu, Blanc, Blond, coécrit par Hal Greene, Dréjac et Wols, joue avec l’imagerie nationale et capillaire sur une orchestration dynamique. La face A se poursuit avec Les Bleuets D’azur, un morceau signé Magenta et Larue qui conserve cette veine poétique légère.

La face B aborde des teintes plus graves. Y’en Avait Pas Beaucoup, également signé Dréjac, évoque avec pudeur une histoire de guerre. Enfin, Si Je Devais Mourir D’amour, écrite par Charles Aznavour, conclut l’EP sur un ton intime, porté par une mélodie douce-amère. Chaque chanson a sa place, sa couleur, et son rôle dans ce petit théâtre du quotidien chanté.

A1 – Bleu, Blanc, Blond / A2 – Les Bleuets D'azur

Bleu, Blanc, Blond ouvre le disque avec un jeu de mots tricolore, détournement joyeux de l’hymne national pour évoquer un amour de plage et de soleil. Coécrit par Dréjac, Hal Greene et Wols, le morceau repose sur un refrain entêtant et une orchestration rythmée, bien adaptée à la voix d’Amont.

Les Bleuets D’azur, deuxième titre de la face A, adopte un ton plus tendre. Marcel Amont y fait preuve de retenue et de justesse. Le texte, signé Magenta et Larue, joue sur la symbolique florale et évoque un attachement délicat.

En face B, Y’en Avait Pas Beaucoup marque un net changement de ton. Écrit par Dréjac, ce morceau évoque les soldats et le souvenir de la guerre avec une sobriété maîtrisée. La voix d’Amont reste posée, sans effet, comme pour mieux faire entendre le texte.

Si Je Devais Mourir D’amour, dernière chanson du disque, est signée Charles Aznavour. L’écriture est plus dense, le thème plus intime. Amont en propose une lecture mesurée, sans pathos, appuyée par un accompagnement discret de l’ensemble Claude Romat. Une sortie de piste en douceur, mais sans fadeur.

Un grand prix discret mais mérité

Ce 45 tours de Marcel Amont a reçu en 1959 le Grand Prix du Disque de l’Académie Charles Cros. Une distinction qui souligne la qualité d’un EP sans titre spectaculaire, mais parfaitement cohérent. L’alternance des registres – humour, tendresse, mémoire, amour – donne à l’ensemble une vraie tenue.

Un témoin solide du répertoire Amont

À cette date, Marcel Amont s’est déjà imposé comme l’un des interprètes les plus précis de sa génération. Ce disque en témoigne : pas d’effet, pas de grands moyens, juste une voix bien placée, un choix rigoureux des textes, et une exécution impeccable. Ce vinyle reste aujourd’hui une pièce de référence de sa discographie.

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