Michel Blanc – Le Mec Plus Ultra – 1985

Un verre à la main, smoking noir et sourire de coin, Michel Blanc croise son reflet.

Sur la scène, au cinéma comme à la télévision, Michel Blanc imprime sa silhouette reconnaissable entre toutes. Né à Paris en 1952, il marque plusieurs générations par ses rôles décalés, ses répliques acérées, sa présence singulière. Michel Blanc fait ses premières armes au sein du Splendid, côtoyant Gérard Jugnot, Christian Clavier, Josiane Balasko, Thierry Lhermitte. Ensemble, ils lancent les grandes comédies populaires de la fin des années soixante-dix, à l’image des Bronzés ou du Père Noël est une ordure.

En 1985, il se glisse dans la peau d’un crooner d’un soir, costume sur mesure, regard face au miroir, pour le 45 tours Le Mec Plus Ultra. Sur la pochette, un double jeu : Michel Blanc se regarde, cigarette et verre à la main, un sourire en coin. L’acteur laisse tomber les habits du timide ou du râleur, le temps d’un titre, pour s’essayer à la chanson.

Connu pour ses personnages de loser attendrissant, de séducteur maladroit ou de médecin en bout de course, Michel Blanc a aussi creusé sa place comme réalisateur et scénariste. En 1985, il surprend : le public découvre une facette inédite de l’acteur. L’homme qui incarnait Jean-Claude Dusse s’improvise chanteur. Les médias relaient l’événement, la télévision diffuse le clip. Les fans découvrent un Michel Blanc entre humour, second degré et clin d’œil à Sinatra.

A – Le Mec Plus Ultra

Le disque s’ouvre sur « Le Mec Plus Ultra ». Michel Blanc prend le micro, costume impeccable, ambiance feutrée. Le titre évoque l’univers du cabaret, les lumières tamisées, les chansons de minuit. À la radio, le morceau surprend, amuse, intrigue. On reconnaît la voix, le phrasé singulier de Michel Blanc. Le public attend le clin d’œil, le second degré, il n’est pas déçu.

Dans les émissions de variétés, Michel Blanc interprète « Le Mec Plus Ultra » en direct, entouré d’orchestres, de danseuses ou de faux airs de crooner. Le disque circule chez les fans de cinéma, les amateurs de chanson légère. La presse relaye la sortie, certains saluent l’audace de l’acteur, d’autres sourient devant le pari. Les soirées entre amis reprennent le refrain, le 45 tours s’installe sur les platines, la France écoute ce pas de côté inattendu.

La face B prolonge l’expérience. « Le Mec Plus Ultra (Instrumental) » reprend la mélodie sans la voix de Michel Blanc. Les musiciens s’expriment, les arrangements ressortent. L’auditeur peut s’approprier le morceau, improviser sa propre interprétation, fredonner le refrain en famille ou entre amis. L’instrumental tourne dans les coulisses, les émissions de radio, parfois lors des entractes de spectacles ou d’émissions télévisées.

La partition laisse place au swing, à la fantaisie de l’orchestration. Les guitares, les cuivres, la rythmique menée par Manu Katché prennent le devant de la scène. Le disque accompagne les fins de soirée, les souvenirs de cinéma, les parodies entre copains. Cette face B boucle la boucle, permet à chacun d’entrer dans la peau du « Mec Plus Ultra » pour une soirée, un instant.

Un crooner improbable, un sourire dans le miroir, le disque laisse sa trace.

En 1985, Michel Blanc surprend le public avec « Le Mec Plus Ultra ». Acteur, auteur, metteur en scène, il tente l’aventure du 45 tours. Entouré de musiciens confirmés comme Manu Katché à la batterie, Kamil Rustam à la guitare, Jean-Yves d’Angelo aux claviers, Michel Gaucher au saxophone, il s’entoure d’un orchestre solide. Les arrangements sont confiés à Manu Katché, la réalisation aussi. L’enregistrement se fait à l’Artistic Palace, sous la direction de Claude Grillis.

Le single sort chez Septembre Productions, distribué par Phonogram. La pochette est signée Jean-Philippe Bertrand, la photo par Richard Melloul. Le titre est écrit par Patrick Michel et Gérard Presgurvic. Michel Blanc ne poursuivra pas la chanson, mais l’aventure laisse une trace amusée dans sa carrière. Les critiques rappellent l’esprit du Splendid, le goût du contre-pied. Quelques passages télé restent dans les archives : costume noir, mimique de crooner, clin d’œil à Sinatra, autodérision assumée.

Le disque devient une curiosité, retrouvé dans les brocantes, collectionné par les amateurs de cinéma et de chanson rare. Le public continue de saluer le talent de Michel Blanc, acteur incontournable, scénariste, réalisateur, éternel Jean-Claude Dusse des Bronzés, et, le temps d’un 45 tours, crooner du soir.

Remettre « Le Mec Plus Ultra » sur la platine, c’est retrouver l’ironie, le clin d’œil, le charme décalé d’un acteur pas comme les autres.

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