En 1975, Nicole Croisille confirme son statut de voix incontournable de la chanson française. Après le triomphe de Parlez-moi de lui en 1973 et d’Une Femme Avec Toi la même année, elle enchaîne les succès populaires qui marquent durablement les années 1970. Née à Neuilly-sur-Seine en 1936, cette artiste complète traverse une carrière exceptionnelle de danseuse, comédienne et chanteuse, mais c’est indéniablement dans la musique qu’elle laisse l’empreinte la plus profonde auprès du grand public.
L’incarnation d’une nouvelle féminité
Au tournant des années 1970, Nicole Croisille goûte enfin au succès en tant que chanteuse populaire grâce à une collaboration fructueuse avec le producteur Claude Dejacques et l’éditeur Claude Pascal. Cette alliance artistique s’avère déterminante dans l’élaboration d’un répertoire sur mesure interprété par une série de compositeurs talentueux dont Francis Lai, Jean-Pierre Lang, Pierre Grosz, Jean Musy et Laurence Matalon. Avec son directeur artistique, leur idée commune vise à montrer l’image d’une femme libre, assumée, qui ne dépend que de ses choix.
Une voix qui traverse les époques
Élue “plus belle voix de 1975“, Nicole Croisille incarne les chanteuses dites à voix, dans un registre à contre-courant de la vague yéyé mais qui deviendra à la mode deux décennies plus tard avec ses cadettes Patricia Kaas ou Lara Fabian. Son timbre profond et ses influences noires-américaines, héritées de ses séjours dans les clubs de Chicago au début des années 1960, lui confèrent une singularité immédiatement reconnaissable. Son parcours atypique, de danseuse à l’Opéra de Paris dès l’âge de huit ans à mime avec Marcel Marceau, en passant par la meneuse de revue à Broadway en 1964, forge cette présence scénique unique.
Au début des années 1960, elle assure la première partie de Jacques Brel à l’Olympia, mais peine à percer dans un paysage obnubilé par les yéyés. C’est sa rencontre avec Claude Lelouch qui change la donne. En duo avec Pierre Barouh, elle interprète la chanson-phare du film culte Un homme et une femme en 1966, dont l’inoubliable “dabadabada” fait d’elle une incontournable des génériques du réalisateur.