Paul Anka – It’s Time To Cry – 1960

Un garçon en larmes, entre Paris et New York, au cœur des années 60.

Paul Anka dévoile son versant sentimental dans un EP franco-américain

En 1960, après une année marquée par le succès de « Lonely Boy », Paul Anka revient avec un titre plus mélancolique : « It’s Time To Cry ». Il l’écrit seul, à 18 ans, dans un style intime et sobre. Le titre sort aux États-Unis en single à la fin de 1959 et devient rapidement un tube. Il atteint la quatrième place du Billboard Hot 100 début 1960.

Ce morceau devient la tête d’affiche d’un 45 tours paru en France la même année. Il y ajoute trois autres titres : « Something Has Change », une autre composition personnelle, et deux reprises de classiques français en version anglaise : « If You Love Me (Really Love Me) », adaptation de « L’Hymne à l’amour », et « Under Paris Skies », version anglaise de « Sous le ciel de Paris ». L’EP s’inscrit dans une période où Paul Anka cherche à conquérir l’Europe, en particulier le public francophone.

Entre ballade adolescente et chanson parisienne

Ce disque marque une étape dans la carrière du jeune chanteur canadien : il affirme son goût pour les ballades romantiques tout en explorant le répertoire français. À travers ces quatre titres, Paul Anka propose un condensé de douceur, d’émotion et d’ouverture culturelle. Le tout porté par sa voix reconnaissable entre mille, dans un format pensé pour les tourne-disques des salons européens.

A1 – It's Time To Cry / A2 – Something Has Change

La face A débute avec « It’s Time To Cry », écrite par Paul Anka. Le morceau évoque la douleur d’un amour perdu. La mélodie, simple et poignante, s’appuie sur une orchestration discrète. Le succès est immédiat : le titre reste plusieurs semaines dans les meilleures ventes américaines dès le début de 1960. Il s’impose comme l’un de ses morceaux les plus sensibles.

Avec « Something Has Change », Paul Anka poursuit dans la même veine. Il chante le trouble d’une relation qui s’effiloche. Moins connu, ce titre reste dans l’ombre de la face A, mais s’intègre parfaitement à l’ensemble. Il témoigne du style mélodique et sentimental que le jeune chanteur continue d’explorer avec régularité.

Sur la face B, Paul Anka s’attaque à deux monuments de la chanson française. Le premier, « If You Love Me (Really Love Me) », est l’adaptation anglaise de « L’Hymne à l’amour », écrit en 1950 par Édith Piaf et Marguerite Monnot. Traduite par Geoffrey Parsons, la version anglo-saxonne conserve la même intensité dramatique. Paul Anka y pose sa voix avec pudeur, sans forcer l’émotion, dans une version resserrée à peine au-dessus des deux minutes.

Le second titre, « Under Paris Skies », est la version anglaise de « Sous le ciel de Paris », composée en 1951 par Hubert Giraud et popularisée par le film du même nom. La version traduite par Kim Gannon condense l’esprit de la chanson originale. Paul Anka y rend hommage à la capitale française dans une interprétation légère, presque contemplative, aux antipodes de ses balades plus tristes.

Un EP tendre, comme un pont musical entre deux continents.

Avec ce disque sorti en 1960, Paul Anka élargit son répertoire tout en conservant son style propre. « It’s Time To Cry » confirme son succès auprès du jeune public américain, tandis que les reprises de « L’Hymne à l’amour » et « Sous le ciel de Paris » montrent une volonté d’ouverture vers l’Europe, et vers la France en particulier.

Les orchestrations de Don Costa accompagnent chaque titre avec précision, sans surenchère. La photo de pochette, signée Studio Vallois, s’inscrit dans une esthétique sobre, reflet de la retenue de l’interprétation. Le disque, bien que peu réédité, reste un témoignage précieux d’un jeune artiste en phase de transition entre adolescence et maturité artistique.

Un moment suspendu entre deux cultures

Ce 45 tours est un objet de passage, entre les ballades adolescentes du début de carrière et les ambitions plus larges de Paul Anka. Il y rend hommage à la culture musicale française tout en continuant à composer ses propres morceaux. Un disque à écouter pour saisir la finesse de cette période, à la frontière entre deux continents, deux langages et deux sensibilités musicales.

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