Paul Anka – Lonely Boy – 1959

Dans les couloirs d’un studio, un garçon de 17 ans impose son tempo.

Paul Anka en studio : le crooner ado frappe fort en 1959

À peine majeur au Canada, mais déjà star aux États-Unis, Paul Anka entre en studio début 1959 pour enregistrer un nouveau titre qui lui trotte dans la tête depuis quelques mois. Intitulée « Lonely Boy », la chanson marque un tournant dans sa carrière : il ne s’agit plus d’un air dansant ou d’un clin d’œil adolescent, mais d’un morceau plus personnel, plus grave aussi, porté par une orchestration ample signée Don Costa.

Le 45 tours publié en France propose une sélection étonnamment dense. On y retrouve bien sûr « Lonely Boy », mais aussi une reprise survoltée de « Sing, Sing, Sing (With A Swing) », un standard de Louis Prima, une ballade plus classique « Your Love », et enfin « Verboten! », chanson-titre d’un film de guerre produit par la RKO, sorti lui aussi en 1959.

Une collection resserrée sur un EP français

Ce pressage hexagonal du label ABC-Paramount, sous la houlette de France Mélodie, témoigne de l’intérêt croissant du public européen pour Paul Anka. La pochette, sobre mais efficace, encadre un disque en mono de 45 tours, format EP, avec quatre titres répartis sur les deux faces. Un concentré de la variété américaine de l’époque, interprété par une voix juvénile en pleine ascension.

A1 – Lonely Boy / A2 – Sing, Sing, Sing (With A Swing)

Sur la face A, Paul Anka ouvre le bal avec « Lonely Boy ». Écrite par lui-même, cette chanson raconte la solitude d’un adolescent qui se sent mis à l’écart, malgré les apparences. La production est soignée, les cordes et cuivres orchestrés par Don Costa accompagnent la voix avec justesse. Dès sa sortie, le titre cartonne : numéro 1 au Billboard Hot 100 durant quatre semaines à l’été 1959. Aux États-Unis, il est également associé au film Girls Town, où Paul Anka interprète le morceau à l’écran.

Juste après, changement de registre avec « Sing, Sing, Sing (With A Swing) ». La chanson, signée Louis Prima en 1936, devient célèbre grâce à l’arrangement de Benny Goodman. Ici, Paul Anka la reprend dans un style plus direct, avec un orchestre nerveux. C’est un clin d’œil aux racines jazz de la musique américaine, revues à la sauce teenage pop.

La face B s’ouvre avec « Your Love », ballade romantique également écrite par Paul Anka. On y retrouve les codes de ses premières compositions : thème amoureux, tonalité douce, refrain entêtant. C’est une chanson moins marquante que « Lonely Boy », mais qui témoigne du style mélodique du jeune chanteur.

Enfin, « Verboten! » conclut l’EP sur une note cinématographique. Écrite par Alfredo Sukman et Mack David, la chanson est tirée du film de guerre américain Verboten! produit par RKO. Dans cette version, Paul Anka livre une interprétation dramatique, accentuée par les arrangements orchestraux de Don Costa. Ce morceau moins connu reste une curiosité dans sa discographie, reliant musique populaire et grand écran.

Un disque entre ballades adolescentes et swing jazzy.

En 1959, Paul Anka a tout juste 18 ans mais déjà une carrière bien entamée. Après ses débuts fulgurants avec « Diana » en 1957, il enchaîne les tubes, les tournées, et s’impose comme un jeune premier de la chanson américaine. Avec « Lonely Boy », il touche un nouveau public, plus large, plus adulte. Le titre est son premier numéro un aux États-Unis depuis ses débuts.

Le succès ne s’arrête pas là : la chanson est reprise par plusieurs artistes dans les années qui suivent, et reste aujourd’hui l’un de ses titres les plus emblématiques. L’EP français sorti chez ABC-Paramount constitue une belle vitrine de ses talents multiples : auteur, chanteur, et interprète de standards.

Un pressage rare, une époque capturée

Ce disque capture une époque où Paul Anka jongle entre succès commerciaux et tentatives plus personnelles. S’il continue ensuite à écrire pour d’autres artistes – notamment Frank Sinatra – cette période reste marquée par sa propre voix, juvénile et assurée. Les quatre titres de ce 45 tours résument bien ses ambitions : toucher le cœur de ses fans tout en prouvant qu’il peut aussi swinguer comme les grands. Une écoute s’impose, ne serait-ce que pour (re)découvrir l’intensité mélodique d’un « Lonely Boy ».

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