1977 marque un tournant pour Pétula Clark. La chanteuse britannique, installée en France depuis deux décennies, se lance dans l’aventure disco. Cette même année, la musique électronique envahit les dancefloors français. Patrick Juvet triomphe avec « Où sont les femmes », Claude François sort « Magnolias for Ever », et le groupe Space fait sensation avec « Magic Fly ». Pétula Clark décide de surfer sur cette vague avec un projet audacieux.
CBS enregistre ses nouvelles interprétations dans leurs studios parisiens. Le label mise sur deux titres contrastés pour ce 45 tours. En face A, la chanteuse propose « La Chanson D’Evita », adaptation française d’un succès planétaire. En face B, elle tente « Mister Disco », composition inédite dans l’air du temps. L’opération vise à reconquérir les charts français où la star peine à retrouver ses succès des années soixante.
Une stratégie musicale risquée
Pétula Clark traverse alors une période délicate de sa carrière. Ses derniers succès français remontent au début de la décennie avec « C’est le refrain de ma vie » et « La nuit n’en finit plus ». Les radios privilégient désormais les sonorités modernes. La chanteuse, qui a révolutionné le paysage musical français avec « Downtown » en 1964, doit s’adapter aux nouvelles tendances.
Downtown reste son monument artistique. Cette chanson l’avait propulsée au sommet des charts américains et français, devenant le premier succès disco avant l’heure. Plus de trois millions d’exemplaires vendus dans le monde, un Grammy Award, et la consécration internationale pour la protégée de Serge Gainsbourg. Treize ans plus tard, Pétula Clark espère renouer avec pareil triomphe.
Le contexte de création parisien
Les studios CBS bruissent d’activité en cette année 1977. Pétula Clark y retrouve ses habitudes, accompagnée de Claude Wolff, son mari et manager depuis 1961. L’équipe de production mise sur G. Mattéoni pour les arrangements orchestraux. Le projet s’inscrit dans la stratégie de reconquête du marché français par l’artiste britannique. Pierre Delanoë, parolier de renom, signe l’adaptation française du titre principal.
Disco France pressera les exemplaires tandis que Montreuil Offset se charge de l’impression des pochettes. Cette collaboration industrielle française témoigne de l’ancrage hexagonal de Pétula Clark. La chanteuse, naturalisée française de cœur, mise tout sur ce retour aux sources disco. L’enjeu dépasse le simple succès commercial : il s’agit de prouver que la star des sixties peut encore faire danser la France.