Septembre 1963. Pétula Clark entre dans les studios parisiens de Disques Vogue pour un projet audacieux. La chanteuse britannique, installée en France depuis son mariage avec Claude Wolff en 1961, va enregistrer Plaza De Toros, un EP aux accents mexicains totalement inédits dans sa discographie française.
L’idée germe après le succès phénoménal de The Lonely Bull d’Herb Alpert & The Tijuana Brass aux États-Unis. Ce titre instrumental, sorti en 1962, avait lancé le label A&M Records et popularisé les sonorités mariachi dans le monde entier. Jacques Plante propose à Pétula Clark d’adapter cette mélodie envoûtante en français. L’artiste accepte immédiatement.
Une production orchestrale d’exception
Pour ce disque, Pétula Clark fait appel à deux maîtres de l’arrangement britannique. Peter Knight, qui dirigera plus tard les orchestrations des Moody Blues sur Days of Future Passed, prend en charge les deux premiers titres. Tony Hatch, collaborateur régulier depuis Sailor, orchestre la face B avec son équipe habituelle.
Peter Knight était déjà une figure respectée des studios londoniens. Né à Exmouth en 1917, il avait rejoint l’orchestre d’Ambrose avant la guerre, puis servi dans la Royal Air Force. Après le conflit, il forme les Peter Knight Singers avec son épouse Babs et développe un style orchestral reconnaissable entre tous.
L’âge d’or de Pétula Clark en France
Pétula Clark connaît alors ses plus beaux succès européens. Chariot avait été numéro un en Italie, Monsieur en Allemagne. En France, elle enchaîne les tubes avec Prends mon cœur, Marin et Roméo. Chaque titre s’écoule à plus d’un million d’exemplaires en Europe.
La chanteuse maîtrise parfaitement le français. Son père Leslie Clark ne gère plus sa carrière depuis qu’elle a épousé Claude Wolff, attaché de presse chez Vogue. Cette liberté nouvelle lui permet d’explorer des territoires musicaux inédits, comme ce Plaza De Toros aux influences hispaniques marquées.