Phil Collins entame une nouvelle décennie artistique avec Another Day In Paradise, premier extrait de son quatrième album solo …But Seriously. Cette œuvre marque un tournant dans la carrière du musicien britannique, qui abandonne temporairement les sonorités pop commerciales pour aborder des thématiques sociales. Né le 30 janvier 1951 à Chiswick, Collins a bâti sa réputation sur des tubes formatés radio comme Sussudio ou One More Night. En cette fin des années 1980, l’artiste souhaite retrouver une certaine profondeur artistique, loin des paillettes de No Jacket Required. Sa mère, employée dans une agence théâtrale, lui avait déjà ouvert les portes de l’expression scénique dès l’enfance.
Une carrière en constante évolution
Le parcours de Phil Collins illustre parfaitement l’évolution d’un artiste polyvalent. Enfant acteur, il décroche le rôle d’Artful Dodger dans la production londonienne d’Oliver à douze ans. Il forme ensuite ses premiers groupes, Freehold puis Flaming Youth, avant d’intégrer Genesis comme batteur en 1970. L’audition se déroule chez les parents de Peter Gabriel dans le Surrey. Quand ce dernier quitte le groupe en 1975, Collins hérite naturellement du micro. Cette transition transforme Genesis en machine à succès planétaire. Parallèlement, sa carrière solo explose avec Face Value en 1981, album né de son divorce douloureux avec Andrea Bertorelli.
L’engagement social d’un millionnaire
En 1989, Collins jouit d’une fortune considérable et d’une notoriété mondiale. Cette position privilégiée suscite quelques interrogations quand il aborde la question des sans-abri dans Another Day In Paradise. Le chanteur assume pleinement cette contradiction apparente, déclarant : “Quand je conduis dans la rue, je vois les mêmes choses que tout le monde voit. C’est une idée fausse que si vous avez beaucoup d’argent, vous êtes en quelque sorte déconnecté de la réalité.” Cette prise de position courageuse divise critiques et public, certains y voyant de l’hypocrisie, d’autres une sincère prise de conscience. L’engagement de Collins s’était déjà manifesté lors du Live Aid de 1985, où il traverse l’Atlantique en Concorde pour participer aux deux concerts.