Un air interdit dans les salles obscures
En 1974, un air entêtant s’échappe des cinémas français. Le morceau Emmanuelle, signé Pierre Bachelet, accompagne la sortie du film du même nom. Le 45 tours paraît en parallèle. En face A, le thème principal. En face B, sa version instrumentale. Ce disque devient la signature sonore d’un phénomène de société.
Le film Emmanuelle sort en juin. Réalisé par Just Jaeckin, il met en scène Sylvia Kristel dans le rôle d’une jeune femme explorant ses désirs à Bangkok. Le film est interdit aux moins de 18 ans. Pourtant, il attire des millions de spectateurs. En fond sonore, une mélodie douce, signée Pierre Bachelet, plane sur les images sulfureuses.
Pierre Bachelet signe ici sa première bande originale marquante. Avant de se lancer en solo, il compose pour des publicités et des documentaires. Son travail sur Emmanuelle le propulse dans la lumière. Il crée avec Hervé Roy une partition délicate, utilisée tout au long du film. Cette composition ouvre une série de collaborations dans le cinéma érotique des années 70.
Un film interdit, un disque autorisé
En salle, le film crée la polémique. Certains cinémas organisent des projections réservées aux adultes. D’autres refusent de le diffuser. Pourtant, la musique, elle, circule librement. Le 45 tours se vend dans les grandes surfaces, les disquaires, les kiosques. Il échappe à la censure et touche un large public.
Le morceau Emmanuelle devient immédiatement reconnaissable. Son ambiance douce et enveloppante contraste avec les tensions morales que le film suscite. Le disque atteint un large public, au-delà même des spectateurs. La face B, entièrement instrumentale, prolonge cette atmosphère sans les images, pour la seule écoute.
Ce 45 tours devient le premier jalon de sa carrière discographique, qui s’élargira ensuite avec des titres comme Elle est d’ailleurs ou Les Corons.