Ray Charles – Ray Charles À Newport – 1961

Ray Charles illumine Newport en 1961 avec son 45 tours explosif et ses Raylettes.

Le 18 novembre 1954, dans les studios de la radio WGST d’Atlanta, Ray Charles grave une chanson qui va révolutionner la musique américaine. I Got A Woman naît de la fusion audacieuse entre gospel et rhythm and blues, créant ce qui deviendra la soul. Le chanteur aveugle de 24 ans transforme le titre religieux It Must Be Jesus des Southern Tones en hymne d’amour profane.

Cette adaptation scandalise l’église mais séduit le public. En janvier 1955, I Got A Woman atteint la première place du classement R&B Billboard. Ray Charles joue déjà ce morceau depuis plus d’un an dans les clubs de jazz avant l’enregistrement officiel. Les paroles décrivent une relation amoureuse libre, provoquant les milieux religieux de l’époque.

Une révolution musicale en marche

Produit par Ahmet Ertegün et Jerry Wexler d’Atlantic Records, le disque lance la carrière internationale de Ray Charles. Le titre figure sur son premier album éponyme de 1957, rebaptisé plus tard Hallelujah I Love Her So. Cette chanson pionnière influence des générations d’artistes, d’Elvis Presley à The Beatles, en passant par Johnny Hallyday et Stevie Wonder.

Ray Charles forge son style personnel en s’éloignant de ses premières influences Nat King Cole et Charles Brown. Le génie de Géorgie combine piano stride, big band jazz et gospel pour créer un son révolutionnaire. I Got A Woman reçoit le Grammy Hall of Fame Award en 1990 et intègre les 500 chansons qui ont façonné le rock selon le Rock and Roll Hall of Fame.

A – I Got A Woman

I Got A Woman devient le premier grand succès de Ray Charles chez Atlantic Records. Enregistrée en novembre 1954 dans les studios d’Atlanta, la chanson propulse l’artiste au sommet des charts R&B. Le titre transforme l’hymne gospel It Must Be Jesus des Southern Tones en déclaration d’amour rythmée.

Les paroles scandalisent l’Amérique puritaine des années cinquante. Ray Charles chante une relation amoureuse libre, sans mariage ni conventions. Cette audace musicale et sociale révolutionne l’industrie du disque. Le morceau influence immédiatement une génération d’artistes noirs et blancs, d’Elvis Presley à The Beatles.

L’invention de la soul

Cette fusion entre gospel et rhythm and blues crée la soul music. Ray Charles devient l’un des pionniers de ce nouveau genre avec Sam Cooke et Solomon Burke. Le succès d’I Got A Woman ouvre la voie à d’autres titres révolutionnaires comme What’d I Say en 1959. Rolling Stone classe le morceau à la 239e place de ses 500 plus grandes chansons de tous les temps en 2010.

The Right Time reprend le classique de Roosevelt Sykes créé en 1937 sous le titre Night Time Is The Right Time. Ray Charles enregistre sa version en 1958 avec un tempo plus rapide et ses arrangements big band jazz. Le duo emblématique avec sa chef choriste Margie Hendrix et The Raelettes électrise les foules.

Ce tube culmine à la cinquième place du classement Billboard Hot R&B en mars 1959. La version de Ray Charles s’inspire de l’adaptation de Nappy Brown de 1957, créditée aux noms de Brown, Lew Herman, Ozzie Cadena et Roosevelt Sykes. Le morceau figure sur les albums Ray Charles at Newport et The Genius Sings the Blues.

Un classique du répertoire

Tell All The World About You complète ce 45 tours avec une composition originale de Ray Charles. Cette face B témoigne de la créativité débordante du musicien géorgien au début des années soixante. Les deux titres de cette face B illustrent la polyvalence artistique du génie, capable d’adapter les classiques et de créer ses propres chefs-d’œuvre.

Ray Charles, architecte de la révolution soul américaine

En 1961, Ray Charles règne sur la musique américaine. Né Raymond Charles Robinson le 23 septembre 1930 à Albany en Géorgie, il perd la vue à sept ans d’un glaucome. Formé à la Florida School for the Deaf and Blind de 1937 à 1945, il apprend le braille, la composition et maîtrise piano, clarinette et saxophone alto. Orphelin de mère à quinze ans, il quitte l’institution pour tenter sa chance comme musicien.

À dix-sept ans, Ray Charles s’installe à Seattle et commence sa carrière dans les clubs. Il rencontre Quincy Jones et découvre les drogues qui marqueront sa vie. En 1949, il enregistre pour la première fois sous son nom avec Confession Blues. Le succès arrive en 1951 avec Baby, Let Me Hold Your Hand qui se place dans les premières positions des charts R&B.

L’explosion créative chez Atlantic Records

Signé chez Atlantic Records en 1952, Ray Charles bénéficie de la liberté créative totale accordée par Ahmet Ertegün et Jerry Wexler. Après I Got A Woman, il enchaîne les succès : Hallelujah I Love Her So, Drown in My Own Tears, This Little Girl of Mine. L’improvisation de What’d I Say en 1959 lors d’un concert à Milwaukee devient son premier hit dans les charts pop.

En 1959, il quitte Atlantic pour ABC Paramount, visant le public blanc. Georgia on My Mind et Hit the Road Jack confirment sa percée. L’album Modern Sounds in Country and Western Music de 1962 avec I Can’t Stop Loving You consacre son éclectisme. Malgré ses problèmes d’héroïne des années soixante, il se désintoxique en 1966 et poursuit sa carrière internationale jusqu’à sa mort le 10 juin 2004 à Beverly Hills.

Un héritage musical éternel

Ray Charles influence profondément la musique contemporaine. Elvis Presley, The Rolling Stones, Stevie Wonder, Van Morrison, Billy Joel, Marvin Gaye et Kanye West reconnaissent son impact. Douze Grammy Awards, l’entrée au Rock and Roll Hall of Fame en 1986, la médaille de chevalier des Arts et des Lettres : les récompenses s’accumulent. Jamie Foxx remporte l’Oscar du meilleur acteur en 2005 pour son interprétation dans le film biographique Ray de Taylor Hackford. Ce 45 tours de 1961 capture l’essence d’un génie qui révolutionna la musique pour l’éternité.

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