En 1968, Ray Charles sort un 45 tours exceptionnel marqué par une collaboration franco-américaine inédite. The Sun Died constitue l’adaptation anglaise d’Il est mort le soleil, le tube dramatique de Nicoletta créé en 1967 par Pierre Delanoë et Hubert Giraud. Cette rencontre artistique naît d’un coup de foudre musical lors d’un concert de Ray Charles à Montréal au Canada.
Nicoletta, jeune chanteuse française de vingt ans, assiste au spectacle de son idole avec son directeur artistique Léo Missir. Conquis par sa personnalité, Ray Charles accepte de la rencontrer dans sa loge après le concert. La soirée se prolonge dans un restaurant chinois où ils échangent sur leur vision artistique commune. Au moment des adieux, Nicoletta glisse discrètement son album dans les affaires du génie américain.
Une consécration internationale inattendue
Quelques semaines plus tard, le téléphone sonne en pleine nuit chez Nicoletta. Ray Charles au bout du fil lui annonce avec son rire tonitruant : “J’ai bien écouté ton album. J’ai trouvé une chanson que j’aime”. Il fait référence à Il est mort le soleil, ce titre dramatique refusé pour l’Eurovision 1967 car jugé trop pessimiste par le jury français qui lui préfère Il doit faire beau là-bas de Noëlle Cordier.
La chanson originale de Nicoletta exprime la douleur d’un amour perdu : “Il est mort le soleil / Mais je suis la seule à porter le deuil”. Ray Charles demande des explications sur le texte et comprend immédiatement l’universalité du message. “The love and the sun is the same, and the sun is dead” : cette philosophie guide son adaptation respectueuse de l’esprit original. The Sun Died devient une ballade jazzy langoureuse qui transcende les frontières linguistiques et culturelles.