Un 45 tours suspendu entre passion latine et drame silencieux
En 1977, Richard Anthony revient avec un 45 tours où la tension du cœur s’exprime en deux langues. Sur la face A, « Embrasse Moi », adaptation du tube espagnol « Abrázame » de Julio Iglesias. Une chanson lente, portée par une voix posée, sur un texte signé Pierre Delanoë. L’amour y apparaît fragile, urgent, brûlant. Trois minutes quarante de demande muette, d’étreinte suspendue.
Face B, changement de ton mais même intensité : « À L’Aube Du Dernier Jour ». Derrière cette version française se cache « Little Does She Know », succès du groupe britannique The Kursaal Flyers. Le texte est adapté par Pierre Loiseau. Un homme regarde partir celle qu’il aime. Il sait. Elle ne sait pas encore. L’aube comme dernier témoin.
Richard Anthony n’a plus les chiffres de ses débuts, mais il poursuit. Il enregistre, il adapte, il persiste. Sa voix a mûri. Moins yéyé, plus grave. Ce disque de 1977 s’inscrit dans une époque plus feutrée. Une fin de décennie entre désenchantement doux et balancements amoureux.
La pochette le montre assis, regard fixe, costume beige. Il ne sourit pas. Il attend. Entre deux mondes. Deux langues. Deux chansons.