Un jazz syncopé, une ballade country, deux chansons sombres : 1962 ne sourit pas
En septembre 1962, Richard Anthony sort un 45 tours qui tranche avec ses disques dansants. Premier titre : « Ne Boude Pas ». C’est l’adaptation du « Take Five », composé par Paul Desmond et rendu célèbre par le Dave Brubeck Quartet. Un thème en 5/4, syncopé, inhabituel. Il y pose une voix fluide. Il parle d’un silence. D’un repli. Pas d’escalade. Juste deux êtres immobiles. Et un rythme qui tourne en boucle.
Le deuxième morceau, « C’était Plus Fort Que Tout », reprend « I Can’t Stop Loving You » de Don Gibson, immortalisé par Ray Charles quelques mois plus tôt. Richard Anthony en fait une version sobre. L’émotion ne déborde pas. Elle insiste. Le texte dit qu’on aime encore, même sans retour. Même sans raison. Même si ça fait mal.
Face B, il s’éteint doucement. « Non, Je Ne Pourrais Pas », adapté de « Black Mood », dit l’impossibilité. Pas de futur. Pas de détour. Puis « Ma Mélodie » s’efface. Une chanson brève. Une ligne à peine chantée. Une sortie sur la pointe des pieds.