Londres, été 1987 : un inconnu entre en studio et ressort planétaire
Rick Astley a 21 ans. Il travaille comme assistant au sein des studios PWL, situés dans le quartier de Southwark à Londres. Il ne chante pas encore officiellement. Il fait du thé, range les câbles, observe. Pete Waterman, producteur et patron du studio, le repère. Il lui fait enregistrer une voix sur une maquette. La voix surprend. Grave. Stable. Hors de son âge. Les producteurs Mike Stock et Matt Aitken décident d’en faire un single.
« Never Gonna Give You Up » est enregistré en 1987. Le trio Stock Aitken Waterman compose, produit et supervise. Le son est calibré. Synthétiseurs numériques. Boîte à rythmes. Ligne de basse marquée. Pas d’improvisation. La structure suit un modèle éprouvé : couplet, refrain, couplet, pont, refrain final. Le titre sort en juillet 1987 au Royaume-Uni. Il est publié par RCA, distribué en France par BMG Ariola.
La radio BBC Radio 1 ajoute le morceau à sa playlist A. La diffusion commence. Les ventes décollent. Le titre grimpe à la première place du UK Singles Chart. Il y reste cinq semaines. Le clip est tourné à Londres. Façades en briques, lumière naturelle, plan fixe. Rick Astley danse maladroitement dans un trench beige. Il chante dans un bar vide. L’image choque, amuse, intrigue. Le contraste entre le physique juvénile et la voix grave crée une rupture visuelle.
Le titre se répand en Europe, en Australie, en Amérique du Nord. Il devient numéro un dans 25 pays. En France, il passe sur NRJ, RTL, Europe 1. Le disque s’impose en club, en soirée, à la télévision. L’album complet, Whenever You Need Somebody, sort dans la foulée. Mais c’est ce 45 tours qui fonde l’identité publique de Rick Astley. Il devient une figure connue. Une voix qui marque. Une image qui s’impose.