Le blues électrique s’assombrit dans un EP sous tension
En 1966, The Animals sortent en France un 45 tours de quatre titres qui prolonge leur virage vers un rock plus sombre, plus personnel, plus massif. Le disque s’ouvre sur Don’t Bring Me Down, un morceau écrit par Gerry Goffin et Carole King, duo mythique de la scène pop américaine. La voix d’Eric Burdon, plus grave, plus amère, claque dans le mix. Le groupe n’est plus celui des débuts. Fini les adaptations de traditionnels folk : place à une écriture directe, électrique, parfois oppressante.
Ce 45 tours est édité en France par Barclay, sous la double référence 071 043. Il est distribué sous licence Decca, avec une pochette illustrée par une photo créditée à Sadoc. La face A contient Don’t Bring Me Down et Cheating ; la face B propose What Am I Living For et I Put A Spell On You. Le ton général est plus sombre, les arrangements plus denses. Ce n’est plus le rock chaloupé de 1964, c’est déjà un pas vers l’orage psychédélique de la fin des sixties.
Une voix au bord de la rupture
Sur scène comme en studio, Eric Burdon ne cache plus rien. Il ne chante plus pour séduire, il chante pour expulser. Le groupe, désormais habitué aux tournées américaines, s’est durci. Ce disque en est le reflet : plus frontal, moins immédiat, mais ancré dans une colère sourde. Le blues rock des Animals prend racine dans la révolte quotidienne. Ce n’est plus une affaire d’image, c’est une affaire de survie sonore.