Un 45 tours pour plonger dans la transe électrique d’Eric Burdon
En 1967, Eric Burdon & The Animals publient en France un EP 45 tours taillé pour les nouvelles scènes psychédéliques. Le groupe a changé. Le style aussi. Fini les guitares sages et les reprises bluesy. Place aux compositions fiévreuses, aux rythmiques percussives, à la poésie désaxée. Le titre phare, Hey Gyp, est une reprise d’un obscur morceau de Donovan. Une boucle obsédante, une voix répétitive, presque chamanique. C’est la face A d’un disque qui résume l’année : instable, bruyant, intense.
Le disque est édité par Barclay en France sous plusieurs références (071 121 M, 071 121, N° 071121), en licence Yameta. Il est imprimé par R.P.M. Paris. Sur la face A : Hey Gyp et In The Night. Sur la face B : When I Was Young et Ain’t That So. L’esthétique est brute, la voix de Burdon plus âpre que jamais. Le son se veut plus épais, plus halluciné, plus libre.
Le choc Donovan réinventé
Hey Gyp (Dig the Slowness) est une reprise d’un morceau obscur de Donovan Leitch, sorti deux ans plus tôt. La version des Animals accélère le tempo, amplifie les percussions, épaissit la basse. Le chant devient incantatoire. Ce n’est plus une folk-song : c’est une transe. Le morceau ouvre le disque avec une urgence rythmique nouvelle. C’est brut, presque tribal. Le public français découvre ce titre par la radio, sans passer par les classements, mais le morceau devient un standard de leurs concerts.