Hello, Goodbye : un single, deux mondes, la pop anglaise en mutation
Fin 1967, The Beatles s’installent en studio pour enregistrer Hello, Goodbye. L’idée naît lors d’une séance improvisée : Paul McCartney joue avec des oppositions de mots, son assistant Alistair Taylor répond « oui », « non », « bonjour », « au revoir ». En quelques minutes, le refrain se dessine. John Lennon, George Harrison, Ringo Starr apportent leur touche. Le groupe enregistre le titre à Abbey Road, sous la houlette de George Martin. La sortie s’accompagne d’un clip coloré, où costumes psychédéliques et chorégraphies inventives attirent l’attention des médias.
Sur la face B du 45 tours, I Am The Walrus change de ton. Ici, John Lennon prend la main. Il puise dans l’absurde, s’inspire de la poésie surréaliste, mélange des bribes de conversations et des fragments issus de Lewis Carroll. L’ambiance contraste avec la légèreté de la face A. The Beatles viennent tout juste d’achever l’album Magical Mystery Tour, où l’on retrouve aussi Strawberry Fields Forever et Penny Lane. Ce 45 tours devient une vitrine de leur nouvelle liberté artistique.
Le single sort d’abord au Royaume-Uni le 24 novembre 1967, puis en France. La BBC programme Hello, Goodbye en boucle. Les charts britanniques et américains réservent un accueil immédiat : le titre s’empare de la première place. L’Europe suit. Partout, la chanson accompagne la fin de l’année, les fêtes, les soirées. Les pochettes arborent des couleurs vives, les paroles circulent de main en main.
Hello, Goodbye, I Am The Walrus : deux faces, deux visions
Le 45 tours frappe par son contraste. Hello, Goodbye incarne la facilité mélodique, le jeu avec les mots, l’énergie pop. I Am The Walrus bouscule les auditeurs : sons étranges, textes énigmatiques, chœurs inattendus. John Lennon précise que son texte est volontairement inintelligible, pour répondre à l’habitude de certains fans à analyser chaque phrase. La BBC censure partiellement I Am The Walrus pour un mot jugé déplacé. Les critiques s’en emparent, le public débat. The Beatles continuent de surprendre à chaque face.